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VIVARIUM

A la recherche de leur première maison, un jeune couple effectue une visite en compagnie d’un mystérieux agent immobilier et se retrouve pris au piège dans un étrange lotissement.

La critique du film

À la recherche d’un logement, Gemma (Imogen Poots) et Tom (Jesse Eisenberg), jeune couple ordinaire, sont entraînés par un agent immobilier un brin toqué dans un lotissement désincarné et vide. Et quand l’agent disparaît sans crier gare, impossible pour les deux amoureux de quitter les lieux.

Le concept de Vivarium est une pure idée horrifique, au sens où elle n’offre aucune résolution au mal qui est représenté à l’écran. L’horreur, c’est avant tout le fait de ne pas pouvoir en sortir. Aussi, cet effet-boucle, qui est aussi un effet de répétition, est utilisé dans le film sous deux aspects : un aspect horrifique donc, mais aussi un aspect comique, au travers du personnage de « l’enfant » répétant tout et n’importe quoi, comme un robot. Ce qui lie, il me semble, ces deux dimensions, c’est la critique sociale : comment, en poussant les clichés de la classe moyenne à bout (injonction au bonheur presque hystérique, bouffe insipide aux couleurs vives, maisons uniformes), on peut créer à la fois du comique et de l’horrifique. On retrouve un peu du John Waters dans cette démarche, mais aussi du Carpenter (celui de They Live). 

Dans sa représentation de la parentalité, du travail et de la vie de couple, Vivarium illustre à son tour ce que le groupe Trust résumait par le mot « antisocial » : une injonction violente à des normes stériles, impersonnelles et horrifiantes. Tout est résumé dans le personnage de Jesse Eisenberg, passant de jeune homme joyeux plein de dérision à un individu aigri et désespéré, qui a bossé toute sa vie pour creuse sa pierre tombale.

Sans être révolutionnaire (les années 70, Waters, Carpenter, voire même la série Black Mirror sont déjà passés par là, le rendant clairement prévisible), Vivarium est un film pertinent politiquement, mettant en scène le toc de nos sociétés capitalistes contemporaines au travers d’une jolie farce horrifique.



Bande-annonce

11 mars 2020 -De Lorcan Finnegan, avec Imogen PootsJesse Eisenberg