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THE SECRET

À Cold Rock, petite ville minière isolée des Etats-Unis, de nombreux enfants ont disparu sans laisser de traces au fil des années, et n’ont jamais été retrouvés. Chaque habitant semble avoir sa théorie sur le sujet mais pour Julia (Jessica Biel), le médecin dans cette ville sinistrée, ce ne sont que des légendes urbaines. Une nuit, son fils de 6 ans est enlevé sous ses yeux par un individu mystérieux. Elle se lance à sa poursuite sachant que si elle le perd de vue, elle ne reverra jamais son enfant.

Comment ne pas ressortir effaré devant tant de bêtise ? Après l’infame Martyrs, certainement le film le plus abject de la décennie tant cinématographiquement qu’éthiquement, l’inarrêtable Pascal Laugier n’a aucun scrupule et traverse l’Atlantique pour continuer à répandre ses idées fumeuses et détestables. Il embauche sa Mylène Jampanoï américaine en la personne de Jessica Biel – qui semble décidée à accumuler les mauvais projets – et nous sert un thriller douteux à la sauce Shyamalan (note pour les responsables-marketing : on est plus proche de Phénomènes ou Le village que du Sixième sens). Dès le générique, on sent la catastrophe arriver (qui est le type responsable de l’insertion des crédits ?).

Soyez prévenus immédiatement, cet article n’aura pas plus de scrupules que l’auteur du film et révèlera le dénouement de ce film. Comme The Secret est l’exemple parfait du poison insidieux masquant derrière son intrigue fumeuse une bêtise révoltante, on vous fait économiser 9€50 : les enfants disparaissent à cause du personnage de Jessica Biel. Tadam. Gros twist de fou (qu’on voit venir à des kilomètres tellement c’est mal fichu), mais ce n’est pas tout. La belle Jessica (Julia de son prénom) est en fait une personne ultra-généreuse et altruiste qui poursuit sa mission telle une martyre humaniste prête à se sacrifier pour libérer ces enfants condamnés à une vie misérable auprès de parents démunis, ignorants, ivrognes et/ou violents. Ceux-ci seront, bien entendu, plus heureux une fois replacés dans une famille bourgeoise vivant dans un appartement de Manhattan avec vue sur Central Park. Ne vous laissez pas duper par l’ultime questionnement de la petite Jenny en forme de dédouanement trompe-l’oeil. 

Le plus révoltant avec la filmographie de Laugier est qu’il semble vouloir, film après film, diffuser son idéologie aussi absurde que nauséabonde en la dissimulant derrière des prétextes et des artifices bien traîtres. Martyrs était indéfendable avec ses relents misogynes et religieux. The Secret n’atteint certes pas un tel degré de mauvais goût, pourtant c’est un peu comme s’il se faisait le porte-plume d’un théoricien fasciste. Une telle apologie du moindre mal et une condescendance presque haineuse envers la ruralité est d’un ridicule inacceptable et impardonnable. Vous aurez probablement lu que Laugier considérait Le village (de M. Night Chiant-malin justement!) comme un film d’extrême droite. Alors, Pascal, si tu lis ces mots, tu nous traiteras de groupie des Inrocks – à en croire tes propos envers ce magazine – mais ce n’est pas bien grave. Tes films sont encore plus mauvais que leur vision du cinéma.  

PASCAL LAUGIER | USA | 105 MIN | 5 SEPTEMBRE 2012 | JESSICA BIEL, JODELLE FERLAND



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FabR
FabR
10 années il y a

Je partage entièrement ton avis (excepté lorsque tu place les films de Christophe Honoré sur le même plan en parlant d' »histoires infectes »).

FabR
FabR
Répondre à  Thomas Périllon
10 années il y a

Je n’ai nullement dit que tu avais tort de le penser, simplement que je ne partageais pas ton avis sur ce point. « Ma mère » est une adaptation de Bataille et Honoré lui-même reconnaît l’avoir fait dans le but de choquer le bourgeois.
Ceci-dit, qu’entends tu par « infecte » ? Moralement douteux ou imbitable ?

Wolvy128
10 années il y a

Je t’avoue que je n’ai pas tout lu car je compte quand même voir le film prochainement. Néanmoins, je suis assez frappé par le fait qu’il divise pas mal la critique. En effet, j’ai l’impression que le film est de grande qualité pour certains et très faible pour d’autres. Bref, ça m’intrigue 😉

Bob Morane
10 années il y a

Oui c’est une vraie merde dont on ne sent les relents qu’en sortant de salle, car on ne perçois pas tout de suite le message sous jaccent.

nathalie gressier
nathalie gressier
1 année il y a

Bonjour, je viens de voir le film sur la six, et je n’étais pas sûre d’avoir bien compris la fin, mais si, visiblement, le film est mal filmé, images glauques, de travers, et je ne vois pas ce que l’auteur veut dénoncer s’il dénonce quelque chose, des enfants disparus comme à Saint Agile montrent qu’un bon film est possible , pas celui-ci qui est, en synthèse un bon navet.

Jihane89
Jihane89
1 année il y a

Le réalisateur a écrit ce scénario pour justifier la disparition définitive de 0.3% des 750 000 enfants disparus chaque année aux États-Unis… Pour ma part je l’ai trouvé bien fait mais j’ai mis du temps à comprendre ce qu’il dénonçait. Et c’est en me rappelant les mots du début du film avec les chiffres d’enfants disparus aux USA et le discours de la jeunette à la fin du film, que j’ai fini par comprendre. En gros, on enlève des enfants qui grandissent dans un milieu hostile et défavorisé (maltraitances diverses, manque de moyens, soucis d’addiction etc…) afin de les faire évoluer dans un milieu bourgeois… les faire passer de rien à tout. Et en écoutant le fameux discours de l’adolescente à la fin du film, on le comprend encore mieux.

Cependant, pour décrypter tout cela j’ai du faire plusieurs arrêts et retours sur images… moi qui comprends d’habitude assez vite la morale d’une œuvre ou bien ce qu’un réalisateur veut dénoncer à travers celle-ci, j’ai eu beaucoup de mal avec The Secret… ça ne vaut pas plus qu’un 10/20, il se laisse regarder, il tient en haleine mais je ne saurais expliquer comment et pourquoi…

Thony
Thony
1 année il y a

Aaahhh merci pour l’explication parce que j’avoue que je suis resté stoïque quand même… Mais effectivement c’est bien ce que je pensais.
Chacun son avis mais je trouve que le qualifier de  » merde  » c’est abusé.
Moi j’aime bien l’univers de Pascal Laugier. Le côté sombre, mystérieux… Après c’est pas extraordinaire comme film et je comprends parfaitement ton point de vue, mais j’ai bien aimé l’ambiance du film malgré tout !
Martyrs je l’ai vu et c’est trop trash pour moi. Très dérangeant…

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