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LA NUIT A DÉVORÉ LE MONDE

Ingénieux

En se réveillant ce matin dans cet appartement où la veille encore la fête battait son plein Sam doit se rendre à l’évidence : il est tout seul et des morts vivants ont envahi les rues de Paris. Terrorisé, il va devoir se protéger et s’organiser pour continuer à vivre. Mais Sam est-il vraiment le seul survivant ?

Seul au monde.

Librement adapté du roman éponyme de Martin Page, La nuit a dévoré le monde est la preuve qu’on peut produire de très bons films fantastiques sans traverser la Manche, les Pyrénées ou l’Atlantique. Entre le survival à la Seul au monde et le film de zombies, le long-métrage en quasi huis-clos prend pour décor un immeuble parisien où Sam se retrouve pris au piège et organise sa survie, rationnant sa nourriture, comptant les jours, « dézombifiant » les appartements voisins…

Avec une économie de moyens (et de dialogues) évidente, Dominique Rocher joue formidablement avec le vide, avec le silence, et fait du minimalisme de son film une force. Nul besoin de spectaculaire, le cadre et la prestation naturelle du comédien sont là pour créer ce sentiment d’isolement, de solitude étouffante et de danger qui rôde, en bas. Maniant l’ellipse et l’implicite avec une intelligence bienvenue, La nuit a dévoré le monde évite les lieux communs et les passages obligés du genre. Le jeune cinéaste impose sa vision du fantastique avec style, ruse et personnalité.

Film de zombies intimiste, La nuit a dévoré le monde s’appuie grandement sur la prestation du norvégien Anders Danielsen Lie, révélé dans le superbe Oslo, 31 août de Joachim Trier. Après Ce sentiment de l’été, l’acteur poursuit son exploration du cinéma français et apporte sa sensibilité et quelques touches auto-biographiques au personnage de Sam (les cassettes, la musique qu’il compose avec les objets…)

Proposant en creux une réflexion philosophique de la solitude de l’homme moderne dans les grandes métropoles, La nuit a dévoré le monde utilise le zombie comme une métaphore de l’autre et s’attache davantage à explorer l’évolution psychologique de son protagoniste qu’à faire intensément peur. S’appuyant sur une réalisation ingénieuse et l’interprétation solide de son comédien principal, La nuit a dévoré le monde est un bel exercice de genre, épuré, mélancolique, et particulièrement séduisant.

La fiche
La nuit a dévoré le monde affiche

LA NUIT A DÉVORÉ LE MONDE
Réalisé par Dominique Rocher
Avec Anders Danielsen Lie, Golshifteh Farahani, Denis Lavant…
France – Thriller, fantastique, drame

Sortie : 7 mars 2018
Durée : 94 min




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