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J’AI PERDU MON CORPS

La fiche

Réalisé par Jérémy Clapin 
France Animation – Sortie : 6 novembre 2019 – Durée : 81mn

Synopsis : À Paris, la main tranchée d’un jeune homme s’échappe d’une salle de dissection, bien décidée à retrouver son corps. Au cours de sa cavale semée d’embûches à travers la ville, elle se remémore toute sa vie commune avec lui, jusqu’à sa rencontre avec Gabrielle.

La critique du film

Paris dans les années 90. Paris est froid, Paris est lugubre. Infestée de monstres ordinaires, de vermines qui pullulent dans les souterrains, la ville devient un labyrinthe dangereux pour une main coupée en quête de son propriétaire. Le postulat de J’ai Perdu Mon Corps, film d’animation réalisé par le français Jérémy Clapin, a de quoi intriguer. Le film fait le pari risqué de ne jamais anthropomorphiser son personnage, mais n’en est pourtant pas moins bouleversant. Mélange d’animation 2D et 3D, le film possède un côté organique, presque palpable, et pour cause : l’émotion est sensorielle, et provient essentiellement du toucher. Et c’est sans-doute le grand tour de force de J’ai Perdu Mon Corps : parvenir à émouvoir à partir d’un objet sans vie.

J’ai Perdu Mon Corps offre une traversée du temps à travers le personnage d’une main, qui porte en elle les réminiscences du passé. Du sable chaud qui glisse entre les doigts pendant l’enfance, aux rampes d’immeubles insalubres de Paris, la main de Naoufel est toujours en second plan. Elle s’imprègne inconsciemment du temps qui passe, des moments de joie et de profonde tristesse, jusqu’à la rencontre décisive avec Gabrielle.

J’ai Perdu Mon Corps est aussi l’histoire, plus universelle, d’une résilience, guidée par un amour timide qui rappelle sans cesse le caractère indéterminé de la vie. En ressort un film d’une maîtrise remarquable, enveloppée dans une poésie délicate et sensible.



Grand Prix à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2019

Cristal et Prix du public au festival d’Annecy