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DEADPOOL

4
Faux-rebelle

Deadpool, est l’anti-héros le plus atypique de l’univers Marvel. A l’origine, il s’appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d’un humour noir survolté, Deadpool va traquer l’homme qui a bien failli anéantir sa vie. 

Gentil anti-héros.

Si vous nous lisez depuis un certain temps, vous connaissez notre position face à ces très mercantiles propositions cinématographiques. Rares sont les longs-métrages, portés par un véritable cinéaste, ayant réussi à offrir au public un (petit) peu plus que du fan-service. Si l’on excepte les X-Men de Singer (et Vaughn) et Captain America 2, les rejetons marveliens n’émoustillent guère notre libido cinéphile. Souvent illisibles dans leurs morceaux d’action, ils souffrent de l’épidémie de la bouillie visuelle, véritable fardeau de notre époque. 

Ce Deadpool, bien mal torché, ne déroge pas à la tradition. Cela se veut moderne et dynamique, à grands coups de ralentis désuets et d’incrustations, mais ça raye surtout bien fort la rétine. Niveau intrigue, c’est aussi élaboré qu’une purée-saucisse. Vite ingéré, vite oublié. On sent bien que la caractérisation des protagonistes de ce divertissement n’a pas été le souci primaire des hommes à la plume. C’est donc du côté des répliques qu’il faudra chercher son bonheur. Cherchant à se jouer de leur budget plus réduit qu’à l’accoutumée (et cela se voit bien à l’image !), les auteurs ont joué à fond la carte de la dérision – dès l’amusant générique d’ouverture. Car, ce « super-héros », malgré son costume spider-manesque, n’a rien d’un héros. Foncièrement égoïste, il a le verbiage chatoyant et castagne sans vergogne – pour le pognon ou la vengeance – ceux qui se mettent en travers de son chemin.

Potentiellement drôle, Deadpool garde comme unique atout son ton « rebelle » pour se distinguer de ses illustres prédécesseurs. Si l’on n’a pas vraiment temps de s’ennuyer et que les rires se présentent régulièrement, on conviendra qu’il demeure assez peu mémorable et jamais véritablement corrosif. Narrativement ultra-balisé et bien moins malin qu’il ne pense l’être, ce Marvel « mal élevé » légitime son existence par sa gentille auto-dérision et son (faux) cynisme meta. Infirmons la tagline du film : vous ne prendrez pas vraiment votre pied, mais ça pourra éventuellement occuper un samedi pluvieux sans les gosses. 

La fiche

thb_Deadpool

DEADPOOL
Réalisé par Tim Miller
Avec Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein…
Etats-Unis – Action, Fantastique
Sortie : 10 février 2016
Durée : 109 min




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