crepuscule

AU CREPUSCULE

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans un village isolé en Lituanie, alors que la misère ne laisse place à aucune liberté, le jeune Ounté et le mouvement des Partisans dans lequel il s’est engagé, doivent faire acte de résistance face à l’emprise de l’occupation soviétique. De cette lutte désespérée dépend l’avenir de tout un peuple.

Critique du film

L’action d’Au crépuscule prend place en Lituanie en 1948, au sortir de la Seconde Guerre Mondiale pendant laquelle le pays a beaucoup souffert. Pour autant, la Lituanie n’a pas retrouvé son indépendance et endure désormais la domination soviétique. Sharunas Bartas filme, sans concessions, cette période difficile au cœur de la campagne lituanienne, où les paysans se voient dépossédés de leurs biens et entrent, pour certains, en lutte armée contre l’occupant.

Au crépuscule est dominé par une ambiance grave, triste, oppressante, mais au milieu de celle-ci un être se détache. C’est le jeune Oundé, encore un pied dans l’enfance, un autre déjà dans l’âge adulte, il est à une période charnière de sa vie. Au cœur de l’horreur qui l’entoure, il est peut-être un des derniers rayons de candeur. Mais plus pour longtemps. Il est à l’âge où on se construit, où on perd ses illusions, surtout dans un environnement aussi dur. Au fur et à mesure de ses interrogations, de révélations et d’expériences douloureuses, Oundé grandit et se prend la cruauté du monde en plein visage. Celui du jeune garçon, lui, perd peu à peu de son innocence. A travers ce personnage, c’est la mémoire de tout son pays que Sharunas Bartas raconte, celle d’hommes et de femmes meurtris, impuissants, dépossédés de leur vie.

La mise en scène de Sharunas Bartas est d’une justesse exceptionnelle. Les premières minutes d’Au crépuscule peuvent apparaître difficiles, notamment par un rythme lent mais qui ne fait qu’augmenter la sensation de tension constante, nous laissant redouter à chaque instant que la violence psychologique bascule vers la violence physique (ce qui finira effectivement par arriver). Le montage, d’une grande précision, structure parfaitement le film et, chose rare, laisse le temps aux plans d’exister. Des plans tous minutieusement construits. Aux séquences (bouleversantes) des discussions entre père et fils à la lumière de la bougie, répond la froideur des plans en extérieur dominés par les teintes de gris et de vert. Sharunas Bartas multiplie les gros plans sur les visages pour en soutirer toute la force des émotions. Des « gueules » qui ravivent la mémoire de ceux qui se sont battus pour leur pays et leurs droits.

Fort d’une mise en scène irréprochable, Au crépuscule est un film qui possède une force rare, de celles qui se distillent petit à petit et laissent une trace en vous longtemps après avoir quitté la salle.

Bande-annonce

(à venir)


Présenté en avant-première au Festival Lumière 2020 – Label Cannes 2020