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FERNANDO MEIRELLES | UK/FRA/AUT/BRE | 109 MIN | 25 JUILLET 2012 | R. WEISZ, J. LAW, A. HOPKINS, B. FOSTER

Une histoire d’amour chorale où les destins de personnages d’horizons différents s’entrecroisent.

Pour nous proposer une relecture moderne de la pièce La Ronde, le scénariste Peter Morgan (The Queen, Frost/Nixon, The Damned United et le prochain Bond mis en scène par Sam Mendes) s’est associé avec le brillant réalisateur brésilien Fernando Meirelles (Blindness, La Cité de Dieu) pour mettre en image son projet. Ensemble, ils dynamisent le concept d’Arthur Schnitzler et offrent un regard contemporain sur de nombreux sujets qui s’entrelacent en même temps que les destins de ces personnages que l’on va suivre pendant une centaine de minutes.

Le scénariste attache une importance au fait que nous sommes tous liés les uns aux autres, que l’amour et la vie sont universels au delà des frontières et des langues. Souvent en déplacement aux quatre coins du globe, Peter Morgan a souhaité évoquer a question de l’explosion des frontières – qu’il considère désormais comme caduques avec le développement des réseaux sociaux et la banalité des déplacements par l’avion – à travers les relations humaines. L’élément « avion » est d’ailleurs omniprésent dans le destin des personnages de 360 : certains le prennent, d’autres le regardent passer, certains partent, d’autres restent. La vie en mouvement perpétuel, qu’ils soient dans un café, dans leur cabinet médical, dans une chambre d’hôtel. Au final, beaucoup se croiseront dans un aéroport, sorte d’espace de rencontre d’une communauté mondialisée. Rapidement, le projet a été confié à Fernando Meirelles qui a toujours eu un intérêt important sur les rapports humains, mais aussi la mondialisation de la culture et ses effets sur les individus.

Bien que de qualité inégale, le récit suit une bonne dizaine de personnages dans un film choral où les histoires s’emboîtent avec fluidité et naturel, grâce à la plume de Peter Morgan mais également à la réalisation subtile et imaginative de Fernando Meirelles. On suit les désirs et les pulsions de ces êtres qui vont effectuer des choix que l’on ne cautionnera ou comprendra pas toujours mais qui les rendront toutefois terriblement humains et attachants dans toute leur fragilité et leur volonté de faire ce qui leur paraît le mieux.

Une œuvre qui parle de l’amour donc, du mariage et de l’adultère, mais aussi de l’image de soi, des masques que l’on porte et des choix que l’on fait. L’image est d’ailleurs très importante. Les photographies sont très présentes, ainsi que les miroirs, comme des reflets de ces personnages parfois perdus s’efforçant de prendre le bon chemin. 360 aborde également des thèmes de société plus précis tels que la prostitution, la réinsertion des délinquants sexuels, les trafics, les conflits familiaux, l’alcoolisme. Mais ce ne sont pas des sujets à proprement parler, simplement des conditions de vie rencontrées par certains protagonistes du film.

Thriller, tragédie romantique, drame familial, amourette nostalgique, 360 est un film à multiples facettes. Un tour du globe aux atmosphères et aux couleurs différentes réunissant un casting international et polyglotte, melting-pot réussi offrant un regard sur notre civilisation mondiale sans complaisance ni condescendance. Une aventure humaine, une ronde planétaire, comme si la plume Guillermo Arriaga (pour l’entrecroisement des histoires) avait rencontré celle de Woody Allen (pour le ton parfois désinvolte) avec comme chef d’orchestre le talentueux metteur en scène Fernando Meirelles avec sa réalisation toujours aussi soignée, sensible et sensorielle. Une œuvre qui compte, forcément, malgré un petit coup de mou à mi-parcours et quelques coïncidences un peu tirées par les cheveux.  

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FabR[critiques] LES NAVETS DE JUILLET : JANE EYRE, AFTER.LIFE, EFFRACTION « LE BLEU DU MIROIR | DE FILMS EN AIGUILLES : CRITIQUES CINEMAWilyrahASBAFselenie Auteurs de commentaires récents
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selenie
Invité
Excusez de ce message… Mais c’est important pour la liberté d’expression… Rose Bosch m’a assigné en justice via OverBlog il y a quelques semaines. Rose Bosch a perdu et déboutée de toutes ses prétentions… Mais chose hallucinante ! J’apprends aujourd’hui que la réalisatrice de « La rafle » fait appel du jugement !!!

Il y aura donc une autre audience ! Cette fois-ci il faut se faire entendre et réagir sur la toile et notamment sur la cinésphère.

Besoin de soutien et surtout créez du BUZZ !

http://www.selenie.fr/article-hallucinant-rose-bosch-fait-appel-du-jugement-107782769.html

ASBAF
Invité
Pas un mot sur la prestation de Jamel dans le film ?
trackback
[…] de gros blockbusters (TASM, The Dark Knight Rises) et de beaux films d’auteur originaux (360, Laurence […]
FabR
Invité
FabR

J’ai été bien moins séduit que toi par ce film, que j’étais pourtant tout prêt à apprécier (j’aime les films choraux, j’aime quand un film ne juge pas moralement ses personnages…), mais je lui ai trouvé des gros problèmes de rythme, et le scénario se repose trop sur des coïncidences hénauuuurmes (la réunion des Alcooliques Anonymes à Phoenix… Franchement, j’ai du mal à croire que quelqu’un fasse 8 heures d’avion pour rendre visite à sa soeur et faire un crochet par la salle de réunion du coin). Certaines histoires et personnages sont un peu délaissés, ou, du moins, moins bien… Lire la suite »

FabR
Invité
FabR
Oui, je pense qu’il ne restera pas dans les mémoires. C’est dommage. Il y avait un bon casting, une certaine ambition…