still_somewhere

SOMEWHERE

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Vide

Johnny Marco, auteur à la réputation sulfureuse vit à l’hôtel du Château Marmont à Los Angeles. Il va recevoir une visite inattendue : sa fille de 11 ans

Nulle part…

Après une année 2010 pas forcément riche – bien que marquée par deux grands films que sont A Single Man et Inception – on espérait que l’année 2011 allait redresser la barre et pourquoi pas atteindre la qualité d’une année telle que 2009 ou 2006. En attendant les prochaines sorties du très plébiscité Black Swan ou de King’s Speech, on pouvait amorcer cette nouvelle année par un bon petit Sofia Coppola. Celle qui nous avait emballés avec ses deux premiers films, puis déçus avec son très hype et superficiel Marie-Antoinette, ouvre donc le bal des festivités avec Somewhere, récompensé à Venise.

Malheureusement, la scène introductive annonce très vite la couleur. Le quatrième bébé de Sofia est un objet minimaliste soporifique qui « tourne en rond » et qui n’a rien à dire. La fille de Francis Ford, « enfin émancipée » de son célèbre et talentueux papa, a souhaité réalisé une œuvre personnelle sur la solitude et l’ennui de l’acteur entre deux tournages, sur la superficialité d’Hollywood. On attend que le film décolle, que quelques instants de grâce ou quelques scènes touchantes viennent donner un peu de corps à ce métrage. Rien ne vient. Pire encore, on aurait aimé pouvoir saluer au moins une bande-son envoûtante ou une photographie cotonneuse, comme dans ses précédents films, mais Somewhere – en plus d’être creux et sans intérêt véritable – est un film laid, filmé sans le moindre soin et monté comme un vulgaire film indépendant à petit budget. Côté interprétation, rien de bien transcendant : les acteurs n’ont pas grand chose à faire. avec ce script terriblement épuré. Toutefois, Elle Fanning tire plutôt bien son épingle du jeu et fait le travail avec justesse et maturité.

La dernière séquence est à la hauteur de la déception que représente Somewhere : elle s’étire interminablement jusqu’à un dernier plan manquant autant d’inspiration que de finesse et de sens. On est si loin de la Sofia Coppola de Lost In Translation et bien trop proche du nombriliste The Brown Bunny de Vincent Gallo. Deux constatations s’imposent finalement. La première : l’émancipation de la jeune réalisatrice paraît plus compliquée que prévue. La seconde : Quentin Tarantino fait véritablement un piètre président de jury.

Ce premier film de l’année est une grosse déception. Il ne se dégage pas grand chose deSomewhere, hormis la vacuité de cette œuvre et la triste constatation que Sofia Coppola a peut-être déjà atteint les limites de son cinéma, après seulement quatre films. S’il fallait ressortir quelque chose de positif de ce film mineur : le joli minois de la décidément prometteuse Elle Fanning.

 

SOFIA COPPOLA | USA | 98 MIN | 05 JANVIER 2011 | STEPHEN DORFF, ELLE FANNING



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Dasola
Invité
Bonjour Wilyrah, je n’ai pas du tout envie de voir ce film. Pour moi, The Virgin suicides qui le 1er de S. Coppola reste son meilleur. Marie-Antoinette m’avait paru très creux. Bonne journée.
tinalakiller
Invité
ah quelle horreur ce film !
par contre il est un peu bizarre ce tarantino, à croire presque que ce n’est pas lui qui ait récompensé cette daube. En effet, son top 20 des meilleurs films de 2010 est sorti et somewhere n’en fait pas parti… curieux cette histoire quand même
Squizzz
Invité

Là je suis désespéré, lol. De toutes les critiques négatives que j’ai lue sur « Somewhere », je pense que la tienne est la plus assassine (je ne comprends même pas ton étoile et demie). D’habitude je trouve toujours un petit quelque chose de positif auquel me rattacher pour amorcer ma défense du film de Sofia Coppola, mais là je sens que la tâche va être difficile ! Je ne vais pas revenir sur ta critique sur le fond, je me suis déjà battu sur pas mal de blogs là-dessus (ma critique est sur mon blog, au besoin ;)). Par contre, je… Read more »

Neil
Invité
Assez peu intéressant, ce Sofia, en effet. Tout tourne en rond et les personnages ne sont pas attachants. Une belle mise en scène mais derrière pas grand chose à se mettre sous la dent.
Vincent
Invité
Ahaha on a les deux mêmes conclusions dans nos critiques : Sofia galère et Quentin fût un shitty président.
On défonce le film sur ASBAF ici http://www.asbaf.fr/2011/01/somewhere-lost-in-emmerdement.html
Moskau
Invité
Ha la la, moi qui ai adoré les 3 premiers film de Sofia Coppola je ne lis que des crtiques moyennes ou mauvaises… Du coup, je suis moins motivé pour aller le voir…
Jérémy
Invité
Film « laid », je n’irai pas jusque là, mais j’ai trouvé aussi que sur ce coup là, Sofia Coppola tournait en rond en se mélangeant trop les pinceaux.
Je ne sais pas si tu as eu l’occasion d’assister à son avant-première aussi, mais ‘Black Swan’ quant à lui, m’a littéralement transcendé. La première claque cinématographique de cette année !
Christophe
Invité
Complètement d’accord avec toi : un film profondément ennuyeux, seulement illuminé par la présence d’Elle fanning… Merci pour tes commentaires sur mon blog ! Le tien est très sympa : je le mets en lien tout de suite ! A +
MacReady
Invité
J’ai bien peur de partager ton avis lorsque je découvrirai ce film. J’avais déjà assez peu apprécié Marie-Antoinette;;;
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[…] ou à montrer ces dernières années ? Quand on voit la pauvreté et la vacuité de métrages comme Somewhere ou Twixt, on peut confirmer qu’il ne suffit pas d’un patronyme glorieux pour pondre des […]
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[…] mélancolique de ses deux précédents films – ce troisième essai était raté. Le suivant, Somewhere, était une énorme claque… d’ennui. La gamine Coppola, déjà auréolée du statut de […]
trackback
[…] message que la force du film. La dernière scène ressemblerait même à une imitation du médiocre Somewhere avec ces deux personnages marchant sans but vers la ville. On a saisi le message, pas besoin de […]
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[…] de placer sa caméra devant ses acteurs et d’intégrer quelques morceaux de pop branchés (Somewhere, The Bling Ring), Gia Coppola n’instaure aucune réflexion et n’insuffle jamais […]
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[…] de la scène électronique des 90s pouvait se révéler intéressant. Malheureusement, telle une Sofia Coppola hexagonale, Mia Hansen-Løve livre une oeuvre plate et complètement banale. La réalisatrice n’a pas […]