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17 FILLES

Une chieuse se retrouve en cloque après avoir copulé pendant l’été avec un blond. Au départ, la m’zelle accuse le coup. C’est le bade, la dépression, la gamine est au fond du seau t’as vu. Le soir-même, elle se rend compte qu’elle s’ennuie grave dans sa vie puisque sa reume – lorsqu’elle ne trime pas à l’usine comme une acharnée pour boucler les fins de mois – sort tous les soirs pour rameuter du mâle depuis que papa s’est fait la malle. Elle annonce donc à ses cop’s qu’elle va garder son polichinelle car « lui au moins il sera toujours là et il m’aimera de façon inconditionnelle« . Oui un mot à plus de trois syllabes (« in-con-di-tion-nelle« ), tout n’est pas désespéré pour notre jeunesse. Ses besta d’abord sous le choc décident finalement de la soutenir et, tant qu’à faire, de l’imiter. Hop hop hop, c’est parti, on se fait sauter à tour de bras par le premier venu, on laisse béton la capote et  « comme ça on vivra ça ensemble, on prendra un grand appart, c’est trop bien les fiiiiiilles !!!« .

Voilà donc le pitch du premier film des soeurs Coulin inspiré d’un fait divers américain de 2008. La transposition au cinéma d’un fait divers fait rarement des miracles à cause le plus souvent d’un manque de matière pour en faire un long-métrage. Le verdict est ici assez criant. 17 chieuses est aussi intéressant et prenant qu’une émission de Secret Story : personnages caricaturaux et têtes à claques, parler djeun’s, bêtise. 17 rebelles n’a pas grand chose à raconter : il ne s’intéresse même pas aux raisons qui ont poussé cette bande de péteuses à vouloir pondre du chiard à la chaîne (la mondialisation peut-être ?). Cet ersatz de Virgin Suicides – et sa pseudo musique électro-mélancolique composé par le Air du pauvre – aborde au mieux la question du leadership chez les ados. Mais les Coulin Sisters n’ont ni les moyens de la môme de Francis Ford ni la sensibilité de Céline Sciamma (Naissance des pieuvres, Tomboy).

Inspiré de faits réels, 17 filles manque ironiquement de crédibilité. Pour leurs débuts à la fiction, les soeurs-réalisatrices ne parviennent pas à donner du corps à l’histoire de ces adolescentes en quête d’un sentiment d’existence et d’importance. Plutôt que de questionner leur sens artistique, on s’interrogera davantage sur l’utilité de faire de cette bêtise bien américaine une comédie sociale se déroulant à Lorient city. 

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MURIEL & DELPHINE COULIN | FRANCE | 87 MIN | 14 DÉCEMBRE 2011 | LOUISE GRINBERG, NOEMIE LOVSKY



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SAMBA | LE BLEU DU MIROIR | DE FILMS EN AIGUILLES : CRITIQUES CINEMA[ciné] TOP CINEMA 2011 « LE BLEU DU MIROIR | DE FILMS EN AIGUILLESptiterigolotteynausicaaYohan Auteurs de commentaires récents
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neil
Invité
J’adore ton article. C’est assez bien vu, le film manque cruellement d’intérêt et de point de vue. A zapper allègrement.
Yohan
Invité

Je suis totalement en opposition avec la vision que vous avez du film. Si le fait divers est en effet idiot (on peut ne pas comprendre pourquoi ces jeunes filles décident ensemble de tomber enceinte), je trouve que la question des raisons qui les poussent est assez bien abordé : l’utopie perpétuelle de faire mieux que les parents, autrement ; rompre l’ennui qui les mine dans cette ville grise de Lorient ; l’effet d’imitation typique chez les ados Je craignais un peu en y allant de tomber sur un film pop, facile, avec une musique dans le vent, et j’ai… Lire la suite »

ynausicaa
Invité
j’hésite à m’y rendre vu les critiques que vous en faites… j’attendrais un passage à la TV dans 1 an…
ptiterigolotte
Invité
Pas assez de profondeur en effet. J’en attendais un peu trop. Le sujet aurait peut être été mieux traité par Céline Sciamma justement.
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[…] [ciné] 17 FILLES […]
trackback
[…] faiblesse de son scénario – signé par les soeurs Coulin, déjà responsables du désastreux 17 filles. Certaines scènes sont superflues, d’autres mal écrites et maladroites, là où certaines […]