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CHAPPIE

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Désolant

Dans un futur proche, la population, opprimée par une police entièrement robotisée, commence à se rebeller. Chappie, l’un de ces droïdes policiers, est kidnappé. Reprogrammé, il devient le premier robot capable de penser et ressentir par lui-même. Mais des forces puissantes, destructrices, considèrent Chappie comme un danger pour l’humanité et l’ordre établi. Elles vont tout faire pour maintenir le statu quo et s’assurer qu’il soit le premier, et le dernier, de son espèce.

Charpie.

Dans l’industrie cinématographique subsistent certains mystères. Le fait qu’un clown comme Neill Blomkamp soit si grassement financé pour tourner ses pitreries écervelées (qui gonflent le torse pour masquer leur vacuité) en est un…

Chappie aurait pu être un attachant divertissement et un conte SF plaisant en s’emparant du thème de l’intelligence artificielle, de l’oppression policière ou de la conscience humaine. Malheureusement, Blomkamp est bien incapable de faire émerger une ébauche de réflexion ou un frémissement de poésie tellement son cerveau semble abruti par le grotesque et la vulgarité intellectuelle. Son culte pour la crasse punk et le petit lascar vire à la risible obsession dans ce Chappie d’une imbécilité hystérique franchement éprouvante. 

Son personnage principal, le petit robot nommé Chappie, aurait pu être attendrissant (il l’est, à deux ou trois reprises) si ses auteurs n’avaient pas choisi d’en faire un bouffon sacrifié sur l’autel du grand spectacle.

Régulièrement exaspérant, ce 3e long-métrage du responsable de l’infâme Elysium (qui concédait récemment l’avoir raté) devient carrément éreintant lorsque le robot-cop décide d’embrasser l’idiotie violente et vengeresse des humains qui l’entourent. Le film glisse même dangereusement vers la boucherie gratuite et inopinée lorsque Jackman – tout en muscles et en coupe mulet – réduit soudainement en charpie l’un des personnages secondaires. C’est gore, injustifié et complètement parachuté. Mais Blomkamp ne s’embarasse pas avec la cohérence artistique : faut-il comprendre que, pour lui, il ne s’agissait de toute façon que d’un voyou qui a quelque part bien mérité son sort ? Sa peinture des plus défavorisés est une nouvelle fois assez lamentable et caricaturale, au point que l’on tutoie l’indécente condescendance.

Ses personnages sont d’une pauvreté abyssale, tandis que la narration chaotique cherche à éclipser un scénario bourré de lacunes et de facilités. Tellement de cinéastes sont passés avant lui, s’essayant à la SF avec plus de maestria dans la mise en scène et plus de fond dans le propos, au point que Blomkamp ne peut désormais qu’exposer au grand jour sa médiocrité. Trois films pour ce chouchou des studios et déjà laisse-t-il cette embarrassante impression de n’avoir pas grand chose à raconter, condamné à faire systématiquement le même film – d’autant que l’on parle déjà d’un District 10… 

Alors que ce nuisible faiseur s’est vu (tristement) confié les rennes d’un Alien V absolument injustifiable, il devient inquiétant de savoir que certains décideurs le laissent sévir en toute impunité, contribuant généreusement à l’abrutissement des masses. À moins que… 

La fiche

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CHAPPIE
Réalisé par Neill Blomkamp
Avec Sharlto Copley, Dev Patel, Yo-Landi Visser, Hugh Jackman, Sigourney Weaver…
Etats-Unis, Mexique – Science-fiction, Melo, Action
Sortie en salle : 4 Mars 2015
Durée : 114 min




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Floxit
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Quand je pense que Transcendance traitant aussi de l’intelligence artificielle (bien que d’une toute autre manière) ait été descendue par de nombreux critiques, celui-ci frôle à peine le sujet en le simplifiant à outrance. Si on est un temps soit peu intéressé par le sujet de l’IA et quelques connaissances en informatique, ainsi que d’un peu de bon sens, ce film s’avère une grande déception… Finalement, le film est vite expulsé à la fin pour se ranger comme un simple divertissement…

Je regrette vraiment le succès mitigé de Transcendance…