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CANNES 2016 | LA SÉLECTION OFFICIELLE

Après des semaines de pronostics acharnés, Thierry Frémaux et Pierre Lescure ont finalement brisé, ce jeudi 14 avril, le suspense entourant la composition d’une Sélection Officielle cannoise très prometteuse. Sur 1869 longs-métrages visionnés, 49 seront ainsi projetés le mois prochain (dont vingt en compétition) lors d’une édition qui s’annonce riche en rebondissements.

Les habitués au rendez-vous

Cette année encore, le Festival de Cannes ressemble à un beau rendez-vous d’auteurs où de nombreux fidèles de la Croisette viendront présenter leurs derniers-nés. Très attendu, le nouveau long-métrage de Nicolas Winding Refn, The Neon Demon (en salles le 8 juin), « film d’horreur au pays des tops models », sera, à coup sûr, l’un des événements de cette quinzaine. Reste à savoir si le réalisateur de Drive parviendra à faire oublier l’accueil décevant d’Only God Forgives il y a trois ans. Après ses dispensables Amants Passagers, Pedro Almodovar devra également frapper fort pour conquérir les festivaliers avec Julieta, un retour à ses portraits de femme, projeté le 17 mai (la veille de sa sortie en salles) au Palais des Festivals.

Avec La Fille Inconnue, les frères Dardenne brigueront, quant à eux, une troisième Palme d’Or (ce qui constituerait un record) tandis que Ken Loach, tout juste sorti de sa retraite, et Cristian Mungiu, déjà primé pour le superbe 4 mois, 3 semaines, 2 jours en 2007, tenteront un doublé avec Moi, Daniel Blake et Baccalauréat. Absents de leurs palmarès respectifs en 2012 et 2013 malgré deux grands films (Mud et Only Lovers Left Alive), Jeff Nichols et Jim Jarmusch (qui présentera également Gimme Danger en séance de minuit) seront, pour leur part, des représentants américains de choix.

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Enfin, grand habitué du Festival (mais pour la deuxième fois – seulement – en compétition, comme l’a justement précisé Thierry Frémaux), Xavier Dolan sera de retour deux ans après la tornade Mommy avec Juste la fin du monde, une adaptation de la pièce de théâtre écrite par Jean-Luc Lagarce.

Quatre films français en compétition

Le cinéma français peut-il décrocher une seconde Palme d’Or d’affilée ? Alors que le sacre de Dheepan avait (légitimement) fait grincer quelques dents l’année passée, quatre représentants hexagonaux sont en lice pour succéder à Jacques Audiard. Injustement reparti bredouille de la Croisette il y a deux ans pour Sils Maria, Olivier Assayas retrouvera sa nouvelle actrice fétiche, Kristen Stewart (également à l’affiche de Café Society, projeté en ouverture), pour la présentation de Personal Shopper, une intrigante histoire de fantômes. À ses côtés – et c’est une surprise -, Nicole Garcia offrira à Marion Cotillard une seconde montée des marches avec le drame romantique Mal de pierres. Après un passage par la Quinzaine des Réalisateurs, Bruno Dumont creusera, pour sa part, la veine fantasque de son P’tit Quinquin dans Ma Loute tandis qu’Alain Guiraudie connaîtra pour la première fois l’effervescence de la compétition avec le mystérieux Rester vertical.

L’année de tous les retours

2016 sonne aussi comme une année célébrant le retour de réalisateurs longuement absents de la Croisette. Ainsi, quinze ans après The Pledge, Sean Penn viendra présenter The Last Face, un drame avec Charlize Theron et Adèle Exarchopoulos. Deux fois Prix du Jury (pour Red Road en 2006 et Fish Tank en 2009), la talentueuse Andrea Arnold dirigera, quant à elle, Shia LaBeouf dans la comédie dramatique American Honey. D’ores et déjà candidats à la Palme du « choc festivalier », les inénarrables Park Chan Wook (Agassi) et Paul Verhoeven (Elle) devraient, de leur côté, assurer la caution « sulfureuse » de cette édition.

Les outsiders

Peu évoqués chez les bookmakers, quelques films ont créé la surprise en se glissant dans la compétition officielle et suscitent déjà, pour certains, une vive curiosité. Toni Erdmann signe ainsi le retour aux affaires inattendu de Maren Ade, sept ans après son Ours d’Argent pour Everyone Else. Le brésilien Kleber Mendonça Filho plonge, lui aussi, dans le grand bain avec Aquarius, un second long-métrage où une critique musicale retraitée voyage dans le temps. Quant à Cristi Puiu, il vient rejoindre son compatriote roumain Cristian Mungiu avec Sierranevada. On sait, en revanche, peu de choses sur Ma’Rose, le prochain film de Brillante Mendoza, ayant secoué la Croisette il y a bientôt huit ans avec Serbis.

Et les oubliés ?

Alors que l’on pouvait s’attendre à l’absence de Martin Scorsese (il est annoncé depuis bien longtemps que Silence ne serait pas prêt à temps), à celle de James Gray (The Lost City of Z) ou de Terrence Malick (Weightless/Voyage of Time), il est plus surprenant de voir quelques noms fréquemment cités manquer à l’appel. Quid de Tom Ford et de son Nocturnal Animals ? De Damien Chazelle (La La Land) encensé pour Whiplash en 2014 ? Ou de Kiyoshi Kurosawa (La Femme de la plaque argentique), récipiendaire du prix Un Certain Regard l’année passée ? Du côté français, on peut, en outre, s’étonner de voir les films de Bertrand Bonello (Nocturama), Arnaud des Pallières (Orpheline), Rebecca Zlotowski (Planétarium) et Katell Quillévéré (Réparer les vivants) privés de sélection officielle.

À n’en pas douter, la Quinzaine des Réalisateurs et la Semaine de la Critique devraient réparer quelques-uns de ces oublis, à moins que cette séduisante compétition ne s’étoffe d’ici les prochains jours… Affaire à suivre.

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Christophe
8 années il y a

Il me semble que Thierry Frémaux a confirmé en conférence de presse que le Kurosawa n’était pas terminé.

Céline B.
Céline B.
Répondre à  Christophe
8 années il y a

Le film de Kurosawa était récemment daté au 18 mai, puis étrangement repoussé en novembre il y a quelques jours, et, aujourd’hui, il est à nouveau annoncé le 25 mai (ce qui laisse entrevoir un probable rattrapage par la Quinzaine).

Thierry Frémaux a également sous-entendu qu’il n’avait pas vu Nocturama de Bertrand Bonello alors que ce dernier soutient le contraire. Difficile de démêler le vrai du faux dans ce petit jeu de chaises musicales.

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