août
9

[critique] TERRI

Par Wilyrah  //  2012, A éviter !, Made in the US, Mauvais  //  8 commentaires

AZAZEL JACOBS | USA | 105 MIN | 8 AOÛT 2012 | JACOB WYSOCKI, JOHN C. REILLY

Terri vit dans une petite ville des États-Unis où il est difficile d’être différent. Abandonné par ses parents, il est confié à son oncle James, un homme souffrant qui a bien plus besoin de l’aide du garçon que Terri de la sienne. Sensible, maladroit et en surpoids, Terri a pour particularité de se rendre en cours en pyjama. Prenant conscience de façon douloureuse que sa situation l’exclut irrémédiablement du cercle fermé de la vie du lycée, il se résigne à son statut d’étranger. Aussi est-il surpris lorsque le proviseur adjoint aux méthodes peu conventionnelles, M. Fitzgerald, s’intéresse à son cas. Grâce à lui, Terri va tisser une relation inattendue et imparfaite avec deux autres élèves marginaux exclus de l’impitoyable système scolaire : Chad, un solitaire à fleur de peau révolté et angoissé et, Heather, une fille sexuellement précoce, prise au piège de sa propre beauté.

Trop de différence tue la différence. Avec ses personnages différents, son traitement et son ton qui se veulent différents, ses acteurs débutants différents de ce que l’on peut voir d’habitude, Terri joue vraiment à fond la carte de la différence. Malheureusement, l’histoire est terriblement banale et l’univers étrange de Azazel Jacobs ne séduit pas. La faute à un scénario bien mince, à un rythme terriblement monotone et à des acteurs en roue libre tentant de donner corps à des personnages archétypaux insuffisamment écrits (Bridger Zadina, insupportable). On reste dans les lieux communs du mal-être adolescent avec des marginaux de différentes catégories : l’obèse bouc-émissaire, le rebelle weirdo et instable, la jeune fille sexuellement précoce qui a bon fond, l’handicapé qui porte des lunettes de soleil… Bref, Terri c’est un peu la foire aux freaks et aux parias de la société, chaperonnés par leur proviseur cool et compréhensif. On n’y croit pas. Malgré ce scénario XXS hyper-convenu et un manque d’épaisseur assez criant, Jacob Wysocki et John C. Reilly s’en sortent avec les honneurs avec des prestations impeccables. Un film dont on ressort lassé et indifférent, avec cette sensation de n’avoir vu qu’un banal film indé US qui n’a rien à dire hormis que c’est cool et acceptable aux States de venir au bahut en pyjama.

 TERRI ○

8 commentaires sur “[critique] TERRI”

  • Moi qui voulait aller le voir :(

    • Je me suis passablement ennuyé, j’ai trouvé ça assez vain et vide de tout propos hormis des discours bien-pensants sous couvert de cinéma indé. Non.

  • Je ne l’ai pas vu (je m’étais déjà faite avoir par « Win-Win » peu de temps avant sa sortie), mais ta critique ne m’étonne pas. Ça sent à plein nez le film indie ennuyeux.

    • C’est en effet un film indie ennuyeux.

  • Plus du tout envie de le voir…

  • Bonjour Wilyrah, je confirme, décevant par rapport aux critiques lues. Bonne journée.

    • Je trouve qu’il y a beaucoup d’indulgence dès que le cinéma indépendant s’empare d’un sujet pour le couvrir de bonnes pensées positives et charitables.

  • [...] TERRI, Azazel Jacobs [...]

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