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LE GOÛT DES AUTRES

Alors que Monsieur Castella, chef d’entreprise, prend des cours d’anglais afin de signer un gros contrat, il tombe sous le charme de sa professeure. Il orchestre alors une série de tentatives pour qu’elle s’intéresse à lui.

Critique du film

Dès les premières scènes, on pourrait croire que Le Goût des autres est une simple comédie de mœurs : un chef d’entreprise un peu lourdaud, une actrice distante, des relations sociales qui grincent… Mais très vite, le film révèle sa véritable mécanique. Chaque personnage existe pleinement et se trouve finement développé, avec ses failles et ses frustrations, sans jamais être réduit à une simple fonction. Tous portent en eux une forme de vide qu’ils cherchent, chacun à leur manière, à combler à travers les autres.

Le Goût des autres fonctionne alors comme un puzzle, où chaque personnage constitue une pièce participant à une vision d’ensemble. Les trajectoires s’entremêlent sans jamais s’écraser, notamment grâce à des dialogues qui laissent apparaître la complexité de chacun. Les personnages évoluent, tout comme le regard que le spectateur porte sur eux. Ainsi, une figure d’abord méprisable peut susciter, quelques scènes plus tard, une compassion inattendue, comme Clara Devaux, professeure d’anglais et actrice de théâtre, dont la froideur apparente dissimule en réalité une profonde solitude.

Au centre, il y a cet homme : riche, maladroit, persuadé que l’argent peut lui ouvrir toutes les portes. Il parle trop vite, ne saisit pas les sous-entendus, et tente maladroitement de prouver son intérêt — en allant au théâtre, en achetant de l’art, en prenant des cours. Il veut apprendre, mais ne sait pas comment. Ce n’est pas un cynique, simplement un homme perdu dans un monde dont il ne maîtrise pas les codes.

Le goût des autres

Autour de lui gravitent des figures construites par contraste : sa femme, désabusée, qui semble rejeter tout lien humain ; un garde du corps silencieux et opaque ; et, à l’inverse, un majordome naïf, avide de comprendre ce qui lui échappe. Ces duos matérialisent les écarts, les incompréhensions et les tentatives de connexion.

Agnès Jaoui s’intéresse précisément à cela : ce qui se joue lorsque des individus que tout oppose tentent malgré tout de se rapprocher. Et souvent, ils échouent. Non par méchanceté, mais par incapacité à décoder l’autre. Les gestes sont maladroits, les intentions mal interprétées, et les efforts, parfois touchants, restent sans effet.

Le film ne ridiculise jamais ses personnages, même lorsqu’ils le sont. Il ne les excuse pas non plus, mais les observe avec justesse, donnant à voir la complexité des relations humaines, comme un fragment de réalité simplement mis en scène.

Bande-annonce


De retour au cinéma le 1er avril 2026 en version restaurée 4k