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MEKTOUB MY LOVE | Un diptyque pour Kechiche

QUI ?

En seulement cinq films, Abdellatif Kechiche s’est imposé comme un réalisateur incontournable, régulièrement défendu par une critique voyant en lui l’héritage naturaliste de Maurice Pialat. Connu pour ses méthodes jusqu’au-boutistes (fortement décriées lors de la sortie de La Vie d’Adèle), il privilégie un cinéma du quotidien, à la fois romanesque et social, où ses acteurs – généralement inconnus – peuvent déployer un jeu naturel, proche de l’improvisation. Sara Forestier (L’Esquive), Hafsia Herzi (La Graine et le Mulet) et Adèle Exarchopoulos (La Vie d’Adèle) ont ainsi été toutes trois découvertes chez Abdellatif Kechiche avant de recevoir un César du meilleur espoir féminin. Après avoir remporté deux fois un trio de César (film/réalisateur/scénario) pour L’Esquive et La Graine et le Mulet, il a décroché la Palme d’or en 2013 pour La Vie d’Adèle avec une mention spéciale pour ses interprètes, Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux. Alors qu’aucune information officielle n’a filtré sur le casting de son nouveau projet, le cinéaste a cependant confirmé avoir, une fois encore, fait appel à de jeunes acteurs et actrices pour camper les rôles principaux.

QUOI ?

Après la tornade La Vie d’Adèle, les projets se sont bousculés à la porte du réalisateur. Alors qu’une suite était en pourparlers, le film n’a pas vu le jour (la faute aux – trop – nombreuses polémiques ?) et les rumeurs sur son prochain long-métrage sont allées bon train. Un temps pressenti aux commandes d’un biopic sur l’actrice pornographique Marilyn Chambers, puis d’une adaptation d’Héloïse et Abélard, Abdellatif Kechiche s’est finalement décidé à transposer le roman autobiographique de François Bégaudeau, La Blessure, la vraie, sous le titre Mektoub is Mektoub.

Malgré une importante période de latence où le cinéaste a failli abandonner cette idée pour se consacrer à un long-métrage sur Marguerite Porete, le tournage a démarré le 8 septembre 2016 à Sète (ville qu’il retrouve après La Graine et le Mulet). Très discret sur le contenu d’un film détaché du livre, Abdellatif Kechiche a néanmoins révélé qu’il serait « romanesque », semblable à « une […] saga familiale […], [à un] conte philosophique ». D’abord pensé comme un seul et unique film, Mektoub, My love est devenu un diptyque composé de deux longs-métrages différents : Les dés sont jetés (à mettre en lien avec le terme Mektoub signifiant que le destin est tracé) et Pray for Jack. Narrant le retour d’Amin, un jeune scénariste, dans sa ville natale à l’occasion des vacances d’été, ces films évoquent « une quête de la lumière », puis « sa perte » alors que des choix douloureux s’offrent à un personnage hésitant entre carrière professionnelle et vie personnelle.

Mise à jour : Après être repassé par la salle de montage, le premier volet, Mektoub my love, présenté à la Mostra de Venise, sortira le 21 mars 2018 en salle, distribué par Pathé Films.

QUAND ?

Tous les pronostics l’annonçaient : le film était voué à figurer dans la liste des trois ou quatre français sélectionnés en compétition officielle cannoise. Pourtant, un grain de sable a grippé la machine : suite à un litige avec France Télévisions, Abdellatif Kechiche ne pourra pas présenter ses longs-métrages à Cannes cette année. Ayant adapté deux films au lieu d’un seul, il a confié dans une interview à Nice-Matin devoir régler un problème de contrats et de droits devant le tribunal de grande instance avant de pouvoir songer à une quelconque projection. Déçu à l’idée de ne pas emmener son casting sur la Croisette en mai prochain, il garde toutefois un espoir pour la 71ème édition en 2018 même si cela doit logiquement retarder sa sortie en salles. En attendant, Abdellatif Kechiche va tourner Sœur Marguerite, le fameux biopic sur lequel il planchait déjà en 2015, ainsi que L’Agneau de Dieu, un road-movie.

POURQUOI ?

Avec La Vie d’Adèle, Abdellatif Kechiche a prouvé sa capacité à transformer un émouvant roman graphique en œuvre cinématographique terrassante. Son adaptation de La Blessure, la vraie paraît entretenir de nombreuses thématiques communes avec sa Palme d’or (notamment la quête de soi) et être propice à un nouveau déchaînement des passions. Soutenu par son auteur, François Bégaudeau (qui le considère comme « le plus grand cinéaste français vivant »), avant même le début de leur collaboration, le réalisateur semble vraisemblablement avoir été inspiré par cet ouvrage très fort et pourrait bien, si l’on en croit ses déclarations, en faire l’une des réussites majeures de sa carrière.




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