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TRAQUE À BOSTON

Haletant et sidérant

Alors que la ville de Boston est sous le choc de multiples explosions, le sergent de police Tommy Saunders (Mark Wahlberg) rejoint les enquêteurs sur le terrain dans une course contre la montre pour traquer et arrêter les auteurs avant qu’ils ne frappent à nouveau. Croisant les parcours de l’agent spécial Richard Deslauriers (Kevin Bacon), du commissaire Ed Davis (John Goodman), du sergent Jeffrey Pugliese (J.K. Simmons) et de l’infirmière Carol Saunders (Michelle Monaghan), ce récit sans concession évoque la chasse à l’homme la plus complexe jamais mise en œuvre par la police américaine – et rend un vibrant hommage aux héros du quotidien.

Peur sur la ville.

À peine quatre ans après le drame, le double attentat au marathon de Boston est reconstitué à l’écran. Les Etats-Unis prouvent une fois encore qu’ils sont capables de poser un regard frontal sur les événements tragiques de leur histoire avec une facilité déconcertante. Pourrait-on imaginer un projet similaire sur les attaques terroristes de Londres ou de Paris ? Rien n’est moins sûr, tant l’accusation d’indécence aurait vite fait d’être prononcé à son encontre.

Pourtant, Traque à Boston relève bien moins de l’impudeur révoltante que d’un élan cathartique. Autrement dit, comme le définissait Aristote, de l’effet de purification qu’une représentation dramatique est à même de susciter chez le spectateur. La plupart des figurants qui apparaissent dans la scène de l’attentat sont d’ailleurs des spectateurs et des coureurs du marathon endeuillé en 2013. Précisons que la séquence n’a pas été tourné dans la rue où s’est déroulée l’attaque, mais dans une réplique construite à l’identique au sud de Boston.

Même si l’on est relativement au courant de l’enchaînement des faits, le film nous immerge sans pudeur au cœur même de l’attentat – l’horreur des explosions, la sidération face aux chairs à vif – puis de l’enquête policière. Le public est amené à faire corps à la fois avec les victimes et avec les forces de l’ordre engagées dans une course contre la montre. Cette traque se suit comme un thriller haletant, qui culmine dans une longue séquence nocturne, spectaculaire et cauchemardesque, si bien que l’on en vient parfois à oublier qu’un tel scénario s’est réellement déroulé. Tout semble bigger-than-life, même la dimension patriotique, typique du cinéma américain.

Ceci-dit, ce n’est plus l’Amérique toute puissante qui apparaît à l’écran, mais une nation fragilisée à l’instar du héros, un flic aux jambes endolories incarné par Mark Wahlberg. Les Etats-Unis d’aujourd’hui ne cherchent plus à nier les traumatismes, mais se résignent à « vivre avec » pour en ressortir plus forts. Lors d’une discussion entre deux policiers, l’un dit à l’autre que le terrorisme est, par nature, imprévisible, et que seul l’amour permet de faire front. Une réplique qui peut paraître bien légère et fleur bleue dans un tel contexte, mais qui, dans l’Amérique de Trump trouverait une résonnance presque révolutionnaire. Et si rendre sa grandeur à l’Amérique,  le fameux « Make America Great Again » cher au nouveau locataire de la Maison Blanche, passait par le cœur et non par les muscles ?

La fiche

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TRAQUE À BOSTON
Réalisé par Peter Berg
Avec Mark Wahlberg, Kevin Bacon, J. K. Simmons…
Etats-Unis – Thriller, drame
Sortie : 8 mars 2017
Durée : 133 min
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