SUBURBICON | George Clooney en visite chez la middle class

QUI ?

Les tables sont quelque peu retournées. Après avoir tant servi à la verve comique des frères Coen, peut-être à son sommet dans O’Brother, George Clooney passe une nouvelle fois derrière les caméras mais ne lâche pas complètement ses compères Joel et Ethan. Mine de rien, avec le prochain Bienvenue à Suburbicon (retirez la mention d’accueil pour un titre VO dépouillé), voilà déjà le sixième long-métrage pour l’ami Clooney, 15 après son premier essai sur Confession d’un homme dangereux. On ne peut décemment plus taxer l’acteur de débutant à la réalisation ; il est encore pourtant bien loin d’avoir marqué le cinéma de ses long-métrages. Son dernier Monuments Men, très, très loin d’être mémorable, sonne encore comme un douloureux échec.

Clooney se tient fermement derrière la caméra, cette fois, et laisse à Matt Damon le soin de prendre la vedette, lui qu’il avait déjà croisé sur Monuments Men et les évidents Ocean’s, toujours plus acceptable dans ces rôles de monsieur-tout-le-monde plutôt que comme héros de périples d’action à grand budget qui finissent souvent dans le fossé. Quoiqu’il en soit, il sera bien entouré, puisque deux valeurs sûres de chez sûres, Julianne Moore et Oscar Isaac, viennent soutenir le meilleur pote de Ben Affleck. Bienvenue à Suburbicon présente également le jeune Noah Jupe qui doit faire ses preuves dans le rôle du fils de Damon, et Josh Brolin, toujours dans les starting-blocks pour gratter un second/troisième rôle.

QUOI ?

Dès les premières images de la bande-annonce on retrouve dans Bienvenue à Suburbicon l’humour noir et grinçant des frères Coen, teintée davantage de meurtres et de sang que leurs dernières réalisations – l’affiche est en cela explicite. C’est que le script du film n’est pas vraiment né de la dernière averse : les grandes lignes du film ont été écrites en 1986, soit dans la foulée de leur sombre et culte Blood Simple.

Dans une parfaite petite ville idéalisée de la classe moyenne américaine de la fin des années 50, Suburbicon, le rêve américain prend fin pour Gardner Lodge (Damon) dont la femme est brutalement assassinée. Lui et son fils (Noah Jupe) vont peu à peu découvrir les failles, les duperies et les violences sous le gazon bien tendu du rêve américain. Face aux premières images du film, il faut s’attendre à un tête-à-tête frontal avec la dénonciation de l’idéal middle class, dans une thriller où les losers apportent des ressorts comiques et un second degré évidents.

QUAND ?

Présenté au TIFF dès septembre et sur les écrans américains le 27 octobre 2017, Bienvenue à Suburbicon accuse un léger décalage horaire et sera projeté dans les salles françaises le 6 décembre.

POURQUOI ?

On en est intimement persuadés : il y a chez George Clooney, dans l’idéal, dans la théorie, l’envie de faire du cinéma comme vecteur d’idées, et non par simple vertu de l’image ou de l’omniprésence. Problème : dans les faits, mis à part peut être son premier long-métrage car bien entouré de Charlie Kaufman, l’acteur star a souvent déçu, même sans forcément tomber dans le médiocre plat. Débarrassé de son fidèle acolyte Grant Heslov qui n’est plus « que » producteur, Bienvenue à Suburbicon semble bien moins prétentieux sur le papier que ses précédentes réalisations. Un postulat simple, un scénario déjà balisé au pitch : Clooney semble accepter un projet plus modeste, dont il contrôle à loisir un ton et un rythme faits pour lui. La maîtrise plutôt que la folie des grandeurs : une bonne manière de se relancer, pour le plus grand plaisir des spectateurs.

 




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