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STOKER

 
8
Vénéneux

Après la mort de son père dans un étrange accident de voiture, India, une adolescente, voit un oncle dont elle ignorait l’existence, venir s’installer avec elle et sa mère. Rapidement, la jeune fille se met à soupçonner l’homme d’avoir d’autres motivations que celle de les aider. La méfiance s’installe, mais l’attirance aussi…

Pour son premier métrage sur le sol américain, le talentueux cinéaste sud-coréen Park Chan Wook (Old Boy, Lady Vengeance) porte à l’écran un scénario de Wentworth Miller (oui on parle bien de l’acteur de Prison Break) qui attendait dans les cartons depuis 2010. Force est de constater que l’attente a été récompensée et que la collaboration a été un succès lorsque l’on découvre Stoker, projeté hier en exclusivité pour quelques privilégiés. En effet, dès les premières minutes, on constate que la patte du cinéaste est sublimée par une direction artistique remarquable. Tout est éclatant, soigné et travaillé : photographie somptueuse, mise en scène experte, cadrages exquis nous offrant d’innombrables plans dignes de grands tableaux, générique savamment élaboré d’une fluidité incroyable. Il ne faut que quelques secondes au spectateur pour comprendre qu’il va assister à cent minutes de plaisir cinématographique, un plaisir déviant empreint des douces folies d’un réalisateur qu’on ne présente plus – enfin, un réalisateur qu’on ne devrait plus avoir à présenter.

A l’écran, Mia Wasikowska est excellente. Sa présence captive, fascine et inquiète. Difficile de ne pas voir en elle une Mercredi Adams pré-adulte et farouche, à la sexualité naissante. Son personnage (India) est délicieusement ambigu et complexe. Celle-ci vit quelque peu déconnectée du monde, repliée dans ses pensées et ses fantasmes. Lorsque son oncle débarque après le décès brutal de son père, c’est un mélange de méfiance et d’attraction qui vont la pousser à essayer de percer le mystère de cet homme séduisant et intrigant, campé impeccablement par Matthew Goode (découvert dans le sublime A Single Man ou le savoureux Match Point). Pour former le dernier élément d’un trio malsain, le réalisateur a choisi la décrêpie Nicole Kidman, devenue désormais une parodie d’actrice avec son visage en décomposition, ses lèvres retouchées et sa superbe chevelure rousse – qui sied en revanche parfaitement à l’univers très coloré de Stoker. Il est difficile de parler de Stoker sans trop en dévoiler sur l’intrigue et, pour ne rien gâcher aux amateurs de Park Chan Wook, je ne peux que vous inviter à embarquer pour un voyage étrange, où Hitchcock viendrait s’insinuer dans les obsessions déviantes du cinéma sud-coréen. Un film plaisant, un long-métrage travaillé, une oeuvre fétichiste et esthétique, bourrée d’influences revendiquées, un conte de fées maléfique avec une marâtre dépressive et égoïste, un oncle trop gentil pour être honnête et une jeune et belle princesse en détresse qui cache bien son jeu. Rendez-vous en salles début Mai… 

PARK CHAN WOOK | THRILLER | USA | 100 MIN | 1ER MAI 2013 | MIA WASIKOWSKA, N. KIDMAN




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ffred
Invité
Tu n’as pas trainé ! Bien entendu je suis bien d’accord. Un film presque parfait. Tu n’as pas vraiment tort pour Kidman, malheureusement…
dasola
Invité
Bonjour Wilyrah, vu aussi en avant-première, lundi soir. J’avoue avoir beaucoup aimé l’esthétisme du film et au fur et à mesure que l’histoire s’installe, on ne peut qu’être fasciné par ce que l’on voit. La réalisation est virtuose et transcende une histoire somme toute classique. Je pense que N Kidman ne s’est pas remise de Paperboy. Bonne après-midi.
mymp
Invité
Ca alors, et dire qu’on a peut-être vu Dasola ! Tu étais placée où ?
Sinon grand film aussi pour ma part, vénéneux et esthétiquement parfait. Le meilleur pour l’instant de 2013, et un retour magistral pour Park Chan-wook (pourtant c’était pas gagné avec ce projet un peu bâtard).
dasola
Invité
Bonjour, j’ai donc vu le film au Club de l’Etoile, rue Troyon, j’étais en bas assise sur un des fauteuils de la rangée devant laquelle les gens peuvent passer facilement au milieu de la salle. Moi non plus, je ne savais pas qu’il y avait autant de blogueurs connus par moi. Bon dimanche.
ffred
Invité
j’étais là aussi avec les 2 autres zozos ! 😉
dasola
Invité
Bonjour, il faudrait qu’on arrive à se reconnaître la prochaine fois. Bonne journée.
FabR
Invité
FabR
Et Birth ! Et Dogville !
FabR
Invité
FabR
Le personnage d’India est formidable. Une ambivalence rare pour un scénario américain… Park Chan-wook était le réalisateur parfait pour ce script. Je n’ose imaginer ce que cela aurait pu donner entre les mains d’un tâcheron (enfin si, j’ai essayé d’imaginer…). Je suis peut être un peu moins enthousiaste, Stoker est, de mon côté, devancé par Stories we Tell, No, Spring Breakers…
selenie
Invité
Beaucoup aimé, 1 seul défaut, Park Chan-Wook semble s’être autocensuré… 3/4
Thom Left
Invité
Thom Left
J’ai enfin eu le temps d’aller le voir et… que dire… j’ai été transporté! Park Chan-Wook a, comme d’habitude, su capter l’essence du film. l’ambiance est envoutante et les personnages sont d’une rare ambivalence, flirtant aux limites de l’inceste. L’un des meilleur film de 2013 sans aucun doute.
Moskau
Invité
Un excellent Park Chan-wook, après le déjà excellent Thirst. Plans travaillés, superbe musique. Moins tordu que Oldboy, mais efficace ! Mention spéciale à Matthew Goode (que j’avais découvert dans Watchmen, déjà en méchant) et à Mia Wasikowska.
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[…] le Transperceneige le nouveau film de Bong Joon Ho, produit par Park Chan-wook, est l’adaptation de la bande dessinée culte de Jacques Lob, Benjamin Legrand et Jean-Marc […]
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[…] Dans Only lovera left alive, comme dans certaines de ses précédentes oeuvres, la musique joue un rôle central. Innombrables références, fétichisme absolu de l’instrument et ambiance planante où la caméra navigue parfois tel un vinyle sur son tourne-disque (à l’image de cette introduction renversante), tout respire l’amour de la musique jusqu’à l’obsession. Son personnage masculin, le cheveu long et la guitare à la main, ressemble à un alter-égo du réalisateur. Désenchanté, marginal et reclus, Adam (Tom Hiddleston) compose ses morceaux tel un artiste underground désolé par le sort de la planète, progressivement détruite par ces humains infectés jusque dans leur sang.… Lire la suite »

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[…] de la comédienne devenue souveraine, c’est l’actrice des très bons Rabbit Hole et Stoker qui a été castée. Si la silhouette et la coiffure concordent, on reste plus dubitatif devant le […]