featured_Split

SPLIT divise la rédac

POUR / CONTRE

Kevin a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, la docteure Fletcher, mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey, aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats. 

La critique schizo.

Split sort en salle ce mercredi. Une partie de la rédaction a pu découvrir le nouveau film de M. Night Shyamalan en fin d’année passée. Malgré deux mois d’efforts, les personnalités divergentes n’ont pu se réconcilier. Génie ou imposture ? En évitant avec précaution tout spoiler, voici deux prises de position pour le prix d’une.

separateur

PAS TOTALEMENT POUR – Avec The Visit, on se réjouissait de retrouver le M. Night Shyamalan qu’on adorait, pour ses scénarios revêches, son sens du rebondissement, et sa discrète causticité. Celui que l’on avait brûlé sur les bûchers cinéphiles pour ses incartades mégalo (La jeune fille de l’eau, peut-être jugé trop durement à sa sortie), ses délires sous chlorophylle (Phénomènes) ou le blockbuster que pas grand monde ne voulait voir (Le dernier maître de l’air), poursuit son retour en grâce avec Split.

La scène d’introduction, débouchant sur un kidnapping, est toute shyamalienne. D’un plan à l’autre, il joue des hors-champs, des jeux de regards, et opère une montée progressive de l’angoisse. Une encourageante mise en bouche qui, pourtant, contraste nettement avec ce qui suit. Thriller à huis-clos ? Polar à twist ? Film cerveau ? Difficile d’identifier la voie que l’intrigue emprunte. Un flou complètement raccord avec les identités multiples qui se bousculent dans la tête du méchant de l’histoire. C’est étonnant et déstabilisant, si bien que la situation n’est pas très confortable pour le spectateur qui ne sait pas à quoi se raccrocher. Le risque de prendre le film en grippe guette, mais se dissipe quand, dans son dernier mouvement, Shyamalan dévoile ses intentions. Évidemment, on se gardera bien de vous dire quelles cartes il abat. Mais il y a de quoi être bluffé par sa pirouette finale, qui nous fait reconsidérer tout ce que l’on vient de voir. Non pas comme avec Sixième sens dont l’épilogue ouvrait une deuxième lecture du récit, mais d’une manière plus terre-à-terre sur la raison d’être même de ce film.

À l’heure où le cinéma mainstream américain est symbolisé par des adaptations plus ou moins inspirées de comics, Shyamalan se fié à sa créativité et à son imagination. Ce Split, bariolé par endroits et agaçant par moments, témoigne en tout cas de la ferveur d’un réalisateur qui est sans doute l’un des meilleurs conteurs de notre époque. 6/10

PAS COMPLÈTEMENT CONTRE – Reboosté par le jubilatoire The visit (alors que l’on attendait plus rien d’un cinéaste à l’égo incassable), ce Split avait de quoi susciter l’attente. Sur le papier, cette rocambolesque histoire des « 23 personnalités » s’avérait aussi excitante que dangereuse. Shyamalan allait-il mettre à profit ce pitch ou sombrer dans une série B assez ringarde ? La première heure rassure. Kidnapping, séquestration, premiers face-à-face, le huis-clos fonctionne parfaitement. Le cinéaste américain gère très habilement la tension et s’amuse du malaise qu’il parvient à instaurer, s’appuyant sur un James McAvoy plutôt convainquant alors que les premières personnalités se dévoilent. 

Malheureusement, alors que la caméra s’aventure à l’extérieur, le film s’effondre, la deuxième heure s’évertuant presque à défaire tout ce que la première avait su habilement bâtir, entraînant son comédien principal dans sa chute. S’embourbant dans une abracadabrante théorisation – qui ne devrait cependant pas déplaire à certains spectateurs – Split devient un étrange objet filmique n’ayant courageusement pas peur du ridicule mais redoublant de petites astuces proches de l’enfumage jusqu’à un épilogue risible et très auto-satisfait. Devenu spécialiste du « film à twist », Shyamalan a au moins un mérite : celui d’avoir sublimé la fourberie à un niveau inégalé. Quel gâchis. 4/10

La fiche

affiche-split

SPLIT
Réalisé par M. Night Shyamalan
Avec James McAvoy, Anya Taylor-Joy…
Etats-Unis – Thriller, fantastique, horreur
Sortie : 22 février 2017
Durée : 117 min

RédactionPOUR : Fabien Randanne ; CONTRE : Тhomas Périllon




Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de