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SOUS LES JUPES DES FILLES

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Affligeant

Paris. 28 premiers jours du printemps. 11 femmes. Mères de famille, femmes d’affaires, copines, maîtresses ou épouses… Toutes représentent une facette de la femme d’aujourd’hui : Complexes, joyeuses, complexées, explosives, insolentes, surprenantes… Bref, un être paradoxal, totalement déboussolé, définitivement vivant, FEMMES tout simplement !

 

Sous la ceinture…

Ne vous laissez pas duper par ce synopsis marketing, Sous les jupes des filles est une insulte à la femme. L’ambition de la comédienne Audrey Dana était de brosser le portrait d’une dizaine de femmes, toutes différentes, pouvant évoquer la dame d’aujourd’hui : ambitieuse, émancipée, frustrée, trahie ou bafouée…. Louable intention qui n’est malheureusement jamais honorée tellement son premier long-métrage souffre de défauts criants qui rendent son visionnage éprouvant – que l’on soit une femme ou un homme doté d’un cerveau en état de marche.

Parce qu’au lieu de s’intéresser vraiment à la vie des femmes au 21ème siècle, elle préfère esquisser une galerie de personnages féminins grotesquement débauchés, névrosés ou hystériques – quand elle dépeindra les hommes comme des râclures de petitesse et d’égoïsme. Les clichés abondent dans cette piètre comédie fière de la splendeur de ses répliques – il faut dire que « Pense à ma chatte », « J’ai très envie de te déflorer », « baise-moi » ou « j’ai perdu ma petite chatte », c’est à se tordre de rire. Vous le constatez, le problème de cette déplorable comédie chorale est qu’elle ne se concentre qu’au dessous de la ceinture – certes, le titre annonçait la couleur d’emblée – pour enfoncer des portes ouvertes et nourrir le sexisme. 

Le film d’Audrey Dana se veut irrévérencieux et libéré mais il n’est au final que vulgarité. Difficile de trancher pour savoir ce qu’il y a de plus affligeant dans Sous les jupes des filles : la médiocrité globale du film, le féminisme de pacotille et l’absence de propos, les gags lourdingues ou réchauffés, les clichés sur les maris (sales, infidèles, égoïstes, faibles ou fils à maman…) ou les enfants (capricieux et/ou ingérables) ?

Pour parler de la femme, celle qui jongle admirablement entre travail et vie de famille, celle qui amène sa sensibilité et sa force de caractère au bureau comme à la maison, celle qui est le pilier et l’alter-égo de l’homme moderne (qui ne serait pas grand chose sans elle), Audrey Dana n’a trouvé rien de mieux que de tomber dans la débauche et le scato. Sa pitoyable comédie n’est qu’une surenchère foireuse de gore où l’on utilise à tout bout de champ le mot « bite » comme un simulacre de libération sexuelle. 

HOMOSAPIENNESAudrey Dana

Les femmes méritaient mieux que ce concentré de bêtise sur la guerre des sexes qui ne tourne presque qu’autour du sexe et des déboires sentimentales. Tout y passe : la patronne imbuvable et trop testostéronée, l’épouse négligée qui s’offre une aventure lesbienne avec une femme volage, la conjointe que le mari ne touche plus et qui se tape une star de cinéma, la cocufiée qui deviendra une incroyable colérique/castratrice dès lors qu’elle aura ouvert les yeux sur le goujat partageant sa vie, la pré-ménopausée qui voit sa fille grandir et rentrer dans l’âge des premiers ébats, l’amante nymphomane rongée par ses hormones… On n’est pas dans l’hommage à la femme mais dans la caricature. Audrey Dana enfonce des portes ouvertes et nourrit le moulin qu’elle veut abattre avec ses personnages insupportables et son film bordélique. 

Et ses actrices coulent avec elle. De la cadavérique (Paradis) à la boursouflée au botox (Adjani), c’est un véritable festival du cabotinage auquel se livre la troupe de comédiennes. Seules Geraldine Nakache, Laetitia Casta (malgré les flatulences) et Audrey Fleurot (sous-exploitée) s’en sortent convenablement pendant que leurs copines s’enfoncent dans la grossièreté, les pitreries et les gloussements répétés, s’offrant une maigre et artificielle parenthèse mélo lorsqu’il s’agira d’évoquer la maltraitance conjugale.

« Les pets, le vomi et les doigts dans l’cul », voilà qui aurait fait un bien meilleur titre à cette désolante comédie féminine qui donne l’impression d’avoir été écrite et réalisée par un monstre de beaufitude machiste tellement la femme ne sort jamais de ses problèmes de fesses et de tampon. Plus stupide et foutraque que la daube de Mona Achache, Sous les jupes des filles est aussi plus consternant que la mauvaise plaisanterie de Dujardin et Lellouche. Peu glorieux.

La fiche
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SOUS LES JUPES DES FILLES
Réalisé par Audrey Dana
Avec Géraldine Nakache, Isabelle Adjani, Alice Belaïdi, Laetitia Casta, Julie Ferrier, Marina Hands, Audrey Dana…
France – Comédie, féminisme potache
4 juin 2014
Durée : 116 min




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selenie
Invité
Décidément ce film partage… ET moi de même, déçu mais pas autant. Audrey Dana est ambitieuse, pas mal de bonnes idées malheureusement on passe du bon au mauvais en une séquence d’où ma note… 10/20
ChonchonAelezig
Invité
Ah punaise… c’est bien ce que je craignais !
J’aime beaucoup Audrey Dana en tant qu’actrice, mais son film de « filles », j’avais très peur. Bien casse-gueule. Et Paradis, hélas, ne joue généralement que dans des daubes ces temps-ci…
Bon, ben voilà, ça c’est fait…
Je tenterai peut-être un jour juste pour analyser ce qui cloche (ça sert à ça aussi les navets).
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[…] déboires d’une trentenaire qui repart de zéro après avoir quitté son fiancé. Le navrant Sous les jupes des filles prétendait, lui, s’appuyer sur des témoignages réels de femmes pour construire sa galerie […]
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