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ROOM

9
Bouleversant

Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu. L’amour de Ma pour Jack la pousse à tout risquer pour offrir à son fils une chance de s’échapper et de découvrir l’extérieur, une aventure à laquelle il n’était pas préparé. 

Entre les murs.

Parler de Room sans trop en dire n’est pas chose aisée. Si la promotion du film n’a pas été aussi scrupuleuse pour éviter de trop en révéler, visionner Room en étant vierge de toute image apparait pourtant très judicieux afin de conserver intacte sa force émotionnelle et son mystère.

Adaptation du roman d’Emma Donoghue – qui signe également le scénario – le long-métrage de Lenny Abrahamson assume le pari originel du point de vue subjectif : un drame raconté à hauteur d’enfant, où l’intrigue se risquera sur des sentiers que d’autres n’auraient pas forcément arpentés. Ce choix s’avère-t-il payant ? Certains pourraient avancer le contraire. Pourtant, la deuxième partie du film fait preuve d’une subtilité particulière dans l’exploration de la résilience des personnages, le distinguant même d’autres oeuvres cinématographiques ayant pour sujet la séquestration.  

D’un sujet potentiellement sordide, le tandem Abrahamson-Donaghue tire un long-métrage merveilleux évitant l’écueil du fait-divers illustré. Plutôt que de verser dans les élans mélodramatiques, Room préfère raconter cette tragique histoire d’enfermement depuis les yeux du petit Jack pour qui « la chambre » est le seul monde « réel ». Sa mère, comme elle le peut, tente d’expliquer l’inexplicable à son enfant qui grandit et s’interroge davantage chaque jour. Troublant, forcément poignant mais surtout incroyablement beau.  

De la tragédie naît l’humour. Du tragique nait aussi la poésie. Le réalisateur parvient à rendre incroyablement lumineuse cette histoire dramatique (mais jamais plombante) unissant une mère à son fils. Dans les deux rôles principaux, Brie Larson et Jacob Tremblay sont remarquables. L’alchimie qui opère à l’écran décuple la force d’attraction de cet attachant drama. Si l’on n’avait aucun doute quant au talent de la formidable actrice révélée par States of Grace, on ressort de la salle complètement ébahi par l’interprétation étincelante du jeune comédien. Là où certains enfants s’en donnent à coeur joie dans le surjeu, le petit bonhomme fait preuve d’une justesse et d’une maturité forçant le respect. S’il est bien encadré, l’avenir lui sera des plus radieux. 

Nommé à l’Oscar du meilleur film, Room envoûte par sa beauté, sa finesse et sa sensibilité. Ses deux comédiens, eux, épatent et bouleversent. 

La fiche

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ROOM
Réalisé par Lenny Abrahamson
Avec Brie Larson, Jacob Tremblay, Joan Allen…
Canada, Irlande – Drame
Sortie : 9 Mars 2016
Durée : 118 min




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