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ROMERO | Au-delà des zombies

George A. Romero, ce n’était pas que les zombies. Beaucoup oublient souvent l’une de ses oeuvres majeures : Martin, réalisé en 1977. Dans ce film à l’esthétique érotique indéniable, George A. Romero brouille les pistes sur la nature de son personnage : Martin est-il vraiment un vampire se nourrissant du sang de ses victimes ou un simple meurtrier ? Grâce à un montage intelligent et minutieux (la scène d’introduction), le cinéaste sème le trouble tout le long et interroge sur la nature profonde de l’Homme, sa violence. Et si Martin n’était pas un vampire (le doute est permis), le jeune homme n’a-t-il pas physiquement soif de sang et de meurtres ? Ôter des vies à travers le fantasme du vampire lui permet de rester en vie. Comme lorsque Romero filme ses zombies chéris, rien n’est épargné de la violence graphique dans Martin.

Au début simple blague, le film deviendra l’un des incontournable du cinéaste : « A l’origine, Martin est d’abord une blague. Que se passerait-il si un Vampire était vraiment condamné à vivre éternellement ? Sans doute devrait-il changer les photos de son passeport, de son permis de conduire… Au départ, l’idée était donc de faire une comédie sur les problèmes très concrets, triviaux même, auxquels serait réellement confronté un vampire. »

La Nuit des Fous Vivants semble quant à lui reprendre la structure des précédents films de zombies de Romero. Un village isolé et des habitants contaminés par un mystérieux virus militaire les rendant fous furieux, avide de sang. Au milieu du chaos, un groupe va tenter de survivre tandis que les forces gouvernementales tentent d’effacer les traces de cette malencontreuse expérience. Toute cette violence est encore une fois prétexte d’une critique acerbe. Les militaires, totalement déshumanisés, portent des tenues empêchant de deviner la moindre expression faciale. L’accent est aussi mis sur l’abandon moral de ces personnages qui n’hésiteront pas à rejoindre la masse, celle des fous vivants. A la manière de La Nuit des Morts Vivants, Romero tourne en dérision une Amérique ultra sécuritaire et armée jusqu’aux dents.

Season of the Witch, There’s Always Vanilla… nombreux sont les films de Romero à s’éloigner des zombies tout en continuant à porter un message politique fort. Des chaînons indispensables pour saisir toute la richesse de la filmographie, parfois inégale, de l’une des légendes du cinéma horrifique : George A. Romero.




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