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QUI VIVE

4
Décevant

Retourné vivre chez ses parents, Chérif, la trentaine, peine à décrocher le concours d’infirmier. En attendant, il travaille comme vigile. Il réussit malgré tout les écrits de son concours et rencontre une fille qui lui plaît, Jenny… Mais au centre commercial où il travaille, il perd pied face à une bande d’adolescents désoeuvrés qui le harcèlent. Pour se débarrasser d’eux, il accepte de rencarder un pote sur les livraisons du magasin. En l’espace d’une nuit, la vie de Chérif bascule…

Chérif désarmé.

Ce film labélisé Cannes avait tout pour plaire avec une sélection à l’Acid, qui prend une place de plus en plus importante depuis 1993, et un casting hype constitué de Reda Kateb et Adèle Exarchopoulos. C’est d’ailleurs cette dernière qui a valu au film une visibilité relativement importante, avec le retour de l’actrice prodige sur le sol cannois un an après le raz-de-marée de La Vie d’Adèle.

Autant le dire tout de suite, Qui Vive est une petite déception. Le film aborde plutôt bien le quotidien dans une cité à travers le personnage de Chérif (Reda Kateb), qui malgré les sollicitations de petits business qui peuvent rapporter gros, rêve d’un autre avenir. On observe ses peurs, ses doutes, son abnégation et son humour qui le rendent touchant. Non par appât du gain mais pour qu’on le laisse travailler en paix, Chérif va commettre l’irréparable. Lui qui s’était toujours refusé de passer de l’autre côté se retrouve pris dans un engrenage qui va le dépasser.

Le problème majeur de Qui Vive est que celui-ci regorge de bonnes idées : la cruauté du monde du travail, la difficulté de s’affranchir d’un quotidien tout tracé, la culpabilité; mais aucune n’a le traitement qu’elle mérite. Peut-être la faute à une durée d’1h23 ne permettant pas d’explorer complétement certains ressorts du scénario. Il y a ainsi une certaine frustration dans la place octroyée à la relation entre Chérif et Jenny (Adèle Exarchopoulos) ou à l’enquête policière dans la dernière partie du film. A trop vouloir en montrer, il en résulte finalement une sensation un peu vaine.

La mise en scène naturaliste a l’empreinte d’un cinéma d’auteur convenu, sans faire d’étincelles. Reda Kated, de tous les plans, est une nouvelle fois remarquable et prouve que le cinéma français ne doit plus se passer de lui. Face à lui, Adèle Exarchopoulos, sous-exploitée, aurait mérité d’apparaître plus de dix minutes à l’écran. Mention spéciale à la BO signée Sayem, qui après Bande de Filles (avec Para One), prouve une nouvelle fois que la musique électro sied parfaitement à l’univers de la banlieue.

Coup d’essai pour Marianne Tardieu, coup d’épée dans l’eau ? La réalisatrice a malgré tout des atouts à faire valoir dans ce premier film et l’avenir devrait lui être prometteur.

La fiche

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QUI VIVE
Réalisé par Marianne Tardieu
Avec Reda Kateb, Adèle Exarchopoulos
France – Drame
Sortie en salles : 12 Novembre 2014
Durée : 83 min 




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