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POSSESSION

Rentrant d’un long voyage, Marc retrouve à Berlin sa femme Anna et son fils, Bob. Mais rapidement, il se rend compte que le comportement de sa femme a changé. Prise de violentes crises, elle quitte le domicile. L’amie du couple, Annie, révèle à Marc le nom de l’amant d’Anna, Heinrich. Lorsqu’elle disparaît, Marc engage un détective qui découvre bientôt qu’Anna s’est réfugiée dans une étrange demeure où semble se cacher une créature surgie des ténèbres. 

Le diable au corps.

Parler de Possession d’Andrzej Żuławski, c’est évoquer sa plus grande oeuvre, la plus aboutie. Le film qui a offert à Isabelle Adjani le rôle de sa vie malgré des regrets qu’elle exprimera en 2002 à Studio Magazine « Je dois à la mystique d’Andrzej Żuławski de m’avoir révélé des choses que je ne voudrais jamais avoir découvertes… Possession, c’était un film infaisable, et ce que j’ai fait dans ce film était tout aussi infaisable. Pourtant, je l’ai fait et ce qui s’est passé sur ce film m’a coûté tellement cher… Malgré tous les prix, tous les honneurs qui me sont revenus, jamais plus un traumatisme comme celui-là, même pas… en cauchemar ! ». Andrzej Żuławski commença l’écriture de Possession en plein divorce offrant à son film un regard extrêmement sombre sur l’amour et le sexe. Le film semble faire écho à l’état mental de son créateur pendant le tournage en proposant une vision hystérique et fiévreuse de la relation entre les personnages interprétés par Isabelle Adjani et Sam Neill. Possession plonge dès les premières minutes dans un monde toujours en mouvement que la caméra suit avec frénésie à travers des décors souvent froids et désincarnés. Et ce choix n’est pas un hasard puisque le cinéaste a décidé de situer son action à l’ouest de Berlin, au pied du mur. Un moyen pour l’homme d’exprimer la séparation entre le monde communiste et capitaliste : les personnages de Possession sont le fruit de ce climat paranoïaque et suspicieux qui pousse à la démence.

Le peintre et sculpteur italien Carlo Rambaldi a également apporté sa pierre à l’édifice de cette ode à la folie. L’homme à qui l’on doit le E.T de Spielberg, une partie de l’animation du Xénomorphe d’Alien ou encore la singe géant de King-Kong a conçu en deux jours la créature de Possession. Une bête tentaculaire et phallique avec laquelle le personnage d’Isabelle Adjani va copuler et offrir l’une des scènes les plus troublantes du cinéma horrifique. Un passage très érotique malgré le caractère malsain de ce coït qui n’est pas sans rappeler les hentaï japonais comme Le Rêve de la femme du pêcheur réalisé par Hokusai. À tout cela s’ajoute la sensation d’assister petit à petit à une sorte de fin du monde amplifiée par le montage très haché de Żuławski avec une multitude de transitions brutales. C’est simple : le spectateur est malmené et secoué du début à la fin de Possession. Le tout donne vie à un curieux mélange entre désir sexuel, amour, passion, folie…

Mais la légende autour de la direction d’acteur de Żuławski a beaucoup contribué à l’aura dégagée par le film. Le cinéaste a toujours eu la fâcheuse tendance à pousser ses actrices à bout et Isabelle Adjani n’y a pas échappé. De Possession se dégage la curieuse impression que l’actrice a embrassé, malgré elle, l’état mental de son personnage pour mieux l’incarner. Sa prestation se révèle à la fois impressionnante et éprouvante pour le spectateur.

Le plus étrange reste que Possession est sans doute ce qui se rapproche le plus d’une histoire d’amour. Les personnages se jalousent, s’aiment, se désirent, se trompent, se détestent, font l’amour, font preuve d’une forme d’hystérie dévastatrice. Żuławski offre un film qui questionne sans cesse son spectateur sur les relations entre les Hommes et les conséquences de ces liens souvent toxiques. C’est en cela que Possession reste l’un des meilleurs films du cinéaste et pour beaucoup un objet de culte. Un indispensable de tout cinéphile qui voudrait vivre une expérience cinématographique intense.

La fiche

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POSSESSION
Réalisé par Andrzej Zulawski
Avec  Isabelle Adjani, Sam Neill…
Allemagne, France – Drame, Epouvante-horreur
Sortie : 27 Mai 1981
Durée : 125 min




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