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PORTRAIT | Emma Stone en cinq rôles

Une irrésistible ascension.

Elle n’attend pas de lendemains qui chantent, en ce moment elle vit les sérénades au présent. Depuis quelques mois, Emma Stone connaît la chanson : La La Land, la comédie musicale de Damien Chazelle pour laquelle elle partage l’affiche avec Ryan Gosling, lui vaut un concert continu d’éloges et toute une gamme de récompenses (dont un Golden Globe). Aux Oscars, le refrain devrait être le même, avec un prix d’interprétation qui pourrait achever en beauté ce parcours en chanté. Le Bleu du miroir a décidé de faire entendre sa musique en revenant sur les belles notes et les (quelques) couacs de la carrière déjà bien étoffée de l’une des actrices les plus réjouissantes du paysage ciné actuel. 

Le rôle de la révélation : Zombieland (2009)

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Sur les écrans français, on a d’abord découvert Emma Stone par le rire. Dans le potache et cul(te) Supergrave (2007), elle avait tapé dans l’œil de Seth (Jonah Hill) qui tentait de la conquérir par tous les moyens, et on tombait sous le charme en même temps : elle avait tout de la girl next door bien cool, loin du rôle stéréotypé des lycéennes « populaires » et méprisantes que l’on trouve en série dans la plupart des teen movies. Mais c’est avec Bienvenue à Zombieland qu’elle a véritablement gagné sa place dans les radars cinéphiles. En héroïne badass, gentiment gothique et prête à en découdre, elle montrait à nouveau qu’il ne faudrait pas compter sur elle pour jouer les potiches et les faire-valoir, tout juste bonnes à s’amouracher du premier bellâtre venu. Certes, dans la comédie horrifique de Ruben Fleischer, il est bien question d’une intrigue amoureuse avec le anti-héros campé par Jesse Eisenberg, mais son parcours dans ce film ne se limite pas à ça. En chemin, elle délivre des punchlines caustiques tout en dézinguant du mort vivant. Un spectacle qui nous rend complètement Stone.

Le bon rôle méconnu : Easy A (2010)

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Easy girl est sorti directement en vidéo en France. Et c’est regrettable car ce teen-movie aurait sans nul doute pu trouver son public en salle. Le titre original, Easy A, fait référence à La lettre écarlate, qui est le livre qu’ont étudié des générations de lycéens américains. Dans ce roman de Nathaniel Hawthorne, une femme condamnée pour infidélité doit porter la lettre A (comme adultère) sur la poitrine. Dans Easy A, Emma Stone joue le rôle d’Olive une jeune fille qui est « accusée » d’avoir perdu sa virginité et qui, plutôt que de se laisser piétiner par les bonnes âmes promptes à juger leur prochain, décide d’y aller à fond et de cultiver son image de « pétasse ». Cette comédie bien fichue démonte le mécanisme de la rumeur, rue dans les brancards du puritanisme et fait la nique au slut shaming. Quelque chose nous dit que l’autodérision dont fait preuve Olive n’est pas loin de celle qu’Emma Stone pourrait pratiquer dans la vie..

Le pire rôle : Magic in the Moonlight (2014)

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Pour bien des acteurs, se retrouver au générique d’un Woody Allen, c’est la consécration. Emma Stone l’a sans doute pris comme ça quand elle a signé pour Magic in the Moonlight. Mais pour nous, c’est plutôt le rôle de la consternation. A savoir celui d’une médium qu’un magicien britannique (incarné par Colin Firth) est chargé de percer à jour en dévoilant ses procédés de manipulation. L’intrigue se passe dans la région niçoise des années 1920, mais la belle époque et les paysages ensoleillés ne font pas nécessairement les bons films.  « On ne peut qu’être ennuyé de voir [Stone et Firth] gesticuler de la sorte, abandonnés par un metteur en scène bâclant son travail avec une frénésie aussi agaçante que décevante », écrivait Le Bleu du miroir au moment de la sortie. Emma Stone et Woody Allen se retrouveront ensuite pour L’homme irrationnel (2015), dont le résultat fut tout de même plus fameux. 

Le rôle de la confirmation : Birdman (2014)

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Dans le multi-oscarisé Birdman, Emma Stone ne tient qu’un second rôle, révèle une nouvelle couleur de cheveux (un blond immaculé) mais aussi une nuance inédite de sa palette d’actrice, dans une composition bien plus grave et dénuée de toute touche humoristique. Elle y incarne Sam, la fille et assistante de Riggan, le comédien héros de Birdman joué par Michael Keaton. Sam, qui sort d’une cure de désintox et est à fleur de peau, a droit à quelques unes des scènes les plus fortes du film, qu’il s’agisse de discussion sur les toits du théâtre avec Mike (Edward Norton) ou de la séquence finale, qui prend tout son sens à travers son regard, lorsqu’elle se penche à  la fenêtre avant de lever les yeux aux ciel avec un grand sourire. Emma Stone décroche avec ce rôle sa première nomination aux Oscars – le trophée de la meilleure actrice dans un second rôle a finalement été remis à Patricia Arquette pour Boyhood

Le rôle de la consécration : La La Land (2017)

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Cette-fois ci, c’est quasi-sûr, l’Oscar ne devrait pas lui échapper. En février, Emma Stone devrait décrocher la statuette de la meilleure actrice sans grand problème – seule Isabelle Huppert fait figure de solide outsider -, elle qui a glané de nombreux prix d’interprétation pour La La Land, à commencer par la prestigieuse Coupe Volpi de la meilleure actrice au festival de Venise. Aérienne, mutine, séductrice… Emma Stone fait faire des claquettes à notre petit cœur avec son personnage de Mia, barista des studios Warner qui rêve de se retrouver sous les projecteurs avec son propre spectacle. Dans le clip d’Anna, chanson de William Butler (Arcade Fire), elle laissait entrevoir ses compétences en danse et son élégante légèreté. C’était irrésistible. Dans le film de Damien Chazelle, la folie douce et la joie innocente se teinte de mélancolie. Vous dansiez ? Et bien pleurez maintenant !

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MAJ : Emma Stone a reçu l’Oscar de la meilleure actrice pour La La Land




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