Passengers | Au risque de caricaturer la romance américaine ?

Le 20 septembre 2016 est sorti en France la bande-annonce du film Passengers, réalisé par le cinéaste Morten Tyldum. On lui doit The Imitation Game, type de reconstitution historique dont raffolent les Oscars. Passengers dévoile dans sa bande-annonce son pitch de base, à savoir la relation amoureuse qu’entretiennent deux passagers à bord d’un vol dans l’espace. Surtout, comme souvent dans les bandes-annonces actuelles, le film est résumé dans son entièreté. Passengers semble, d’après ces premières images, exposer différentes péripéties récurrentes dans la romance américaine : le rendez-vous galant, la musique audacieuse et saisissante, la scène sensuelle, le sacrifice pour l’être aimé, et mille autres procédés de ce genre.

Le poids des noms

Toute romance américaine a besoin d’un couple d’acteurs glamour. Voici donc Jennifer Lawrence et Chris Pratt castés, deu des figures les plus demandées et les plus convoitées du tout Hollywood. L’une alterne perpétuellement entre les films indépendants tel que Happiness Therapy (2010) et les blockbusters à l’image de sa présence dans la saga X-Men et bien sûr, Hunger Games, tandis que l’autre s’efforce de donner à tous ses personnages un ton « à la cool » qui lui colle à la peau depuis la saga Marvel Les gardiens de la galaxie et dans le récent remake des Sept mercenaires par Antoine Fuqua. Le piment du film ? Le caractère involontaire de l’amour qu’il met en scène, à travers la métaphore de ces deux passagers sortis de leur cryogénie accidentellement. Les deux protagonistes doivent alors s’adapter à ce module spatial, et des épisodes pourtant classiques dans la vie d’un couple sont traités avec originalité. Est-ce suffisant pour autant ?

Droit de réserve

Cet avant-goût nous évoque inévitablement l’impasse dans laquelle se coince ces dernières années la romance aux Etats-Unis, genre pourtant à l’origine de films intelligents tels que Blue Valentine ou Equals. La romance mise sur l’univers qui entoure les amants – ici, l’espace et plus précisement une navette spatiale – pour compenser le vide relationnel existant entre eux. La noblesse et la préciosité du sentiment amoureux sont trop souvent délaissées au profit d’une mise en scène tape-à-l’oeil, qui nuit à une certaine subtilité pourtant essentielle dans ce genre cinématographique. Bien sûr, cette manie qui n’est pas exclusive à ce que laisse craindre Passengers. De plus, cette dérive a également pu découler sur des films audacieux et bouleversants, comme Her de Spike Jonze. Peut-être que Morten Tyldum saura insuffler l’âme nécessaire à son Passengers pour qu’il tombe dans le bon panier ?

Rendez-vous le 28 décembre 2016 pour infirmer nos éventuelles réserves…




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