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PALO ALTO

3
Superficiel

Piégés dans le confort de leur banlieue chic, Teddy, April, Fred et Emily, adolescents livrés à eux-mêmes, cherchent leur place dans le monde. Ils ont soif de sensations fortes et testent leurs limites. L’alcool, les drogues et le sexe trompent leur ennui. Ils errent sans but dans les rues ombragées de Palo Alto incapables de voir clair dans le tourbillon confus de leurs émotions. Sauront-ils éviter les dangers du monde réel ?

Rien de neuf chez les Coppola

Adaptation d’un recueil de nouvelles de James Franco, Palo Alto est le premier long-métrage de Gia Coppola, petite-fille de Francis Ford et nièce de Sofia. Si les soupçons de légitimité étaient inévitables, on pouvait espérer que la dernière recrue du clan Coppola nous propose un traitement intéressant et moins concerné par la forme que par le fond. 

Malheureusement, Gia ne propose rien d’autre qu’une énième variation adolescente, vaporeuse et mélancolique, sans enjeux narratifs autres que filmer l’ennui et la perte de repères de ses protagonistes pubères. À l’image de sa tante qui se contente de placer sa caméra devant ses acteurs et d’intégrer quelques morceaux de pop branchés (Somewhere, The Bling Ring), Gia Coppola n’instaure aucune réflexion et n’insuffle jamais l’âme nécessaire à cette oeuvre qu’elle souhaitait dans la lignée de films cultes comme Breakfast Club.

Mis en scène avec une platitude nonchalante assez désolante, Palo Alto suit ces quatre lycéens déambulant paresseusement d’une soirée à l’autre ou traversant mollement une scolarité qui les barbent au plus haut point, toujours un verre, une clope ou un portable à la main. Les personnages manquent d’épaisseur et les interprètes arborent tous une moue nauséeuse, abandonnés par un scénario bancal et superficiel.

Les jeunes traînent leur blase mélancolique et débitent leurs dialogues creux et soporifiques pendant plus d’une heure trente d’ennui. Seule la gracieuse Emma Roberts (Scream 4, The Millers) parvient à faire naître un certain émoi. Mais celui-ci est rapidement tué dans l’oeuf, la cinéaste en herbe détournant systématiquement l’attention – les chemins risqués, ça ne s’emprunte pas quand on est une Coppola. Jack Kilmer (fils de Val) s’en sort convenablement pour un débutant quand Nat Wolff nous tape sur le système avec son archétype du petit con hystérique et égocentrique. 

Du côté des adultes, ce n’est pas franchement mieux. Ils sont dépeints comme des personnes irresponsables, laxistes, égoïstes ou manipulatrices. Il ne fait pas bon grandir dans un quartier aisé : on ne sait pas quoi faire de sa vie (la faute à des parents désintéressés ou névrosés, à des profs inintéressants ou intéressés par le cul des demoiselles, à des conseillers d’orientation incompétents ou à des bibliothécaires rigides…), on trompe alors l’indifférence dans la biture et les émissions de TV-réalité. 

Rien de nouveau chez les Coppola. Comme Sofia, Gia n’a pas le talent d’un Larry Clark ou la fulgurance d’un Harmony Korine, elle se contente d’imiter son aïeule (qui n’avait déjà plus rien à raconter). Son premier long-métrage n’apporte pas grand chose à la grande thématique de la dérive adolescente. Une petite coquille vide et insignifiante.

La fiche
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PALO ALTO
Réalisé par Gia Coppola
Avec Emma Roberts, James Franco, Jack Kilmer
Etats-Unis – Drame
11 juin 2014
Durée : 100 min




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