OKJA | Bande-annonce du film Netflix sélectionné à Cannes

Qui ?

Si 2016 a clairement été généreux avec les admirateurs de cinéma coréen, 2017 semble poursuivre l’agréable lancée. Après s’être régalés avec Dernier train pour BusanMademoiselle et The Strangers (les 3 films signant au passage d’excellentes recettes aux échelles nationales et internationales et 2 étant présents dans notre top 10 ciné de 2016), les spectateurs vont découvrir Okja, le dernier né de l’imaginaire créatif jamais défaillant de Bong Joon Ho. Ce, dans un contexte un peu particulier, puisque le film est exclusivement distribué par Netflix.

Comme souvent avec les productions de Netflix, le casting international a une sacrée gueule. Tilda Swinton, à charge de se retaper une street cred’ après un Docteur Strange bien ennuyeux, partagera la tête d’affiche avec Jake Gylenhaal qui semble, depuis 3 ans, ne faire (presque) que des bons choix de carrière. Mystère oblige, aucune information précise n’a filtré quand aux rôles précis des deux acteurs. Dans le même esprit, silence de rigueur sur la teneur des apparitions de Lily Collins, Paul Dano (There Will Be Blood), Steven Yeun (The Walking Dead) ou Giancarlo Esposito (Do The Right Thing, parce qu’il n’a pas fait que Breaking Bad dans la vie, le bonhomme. Et même Usual Suspects, tiens). Toutefois, l’accumulation suffit à faire monter l’excitation.

Quoi ?

Et pourtant. Malgré des noms ronflants et une belle filmographie mise bout à bout, le vrai héros de Okja est une héroïne. Mija, jeune enfant interprétée par Seo-Hyun Ahn, a un meilleur ami un peu particulier : c’est un énorme bestiau. Quelque part entre Le Géant de FerKing Kong et le jeu The Last Guardian, le monstre a priori inoffensif va se faire kidnapper par une multinationale qui cherche à en exploiter les poils, les crocs, la cervelle et tout ce qui va avec. Suivant les indications du premier trailer, Tilda Swinton est bien partie, carrure cubique et coupe de cheveux immaculée, pour camper la PDG.

S’en suit donc une course contre-la-montre autant qu’une course poursuite pour éviter à Mija de perdre son gigantesque meilleur ami dont on vous laisse le soin, avec la bande-annonce, d’en apprécier les premiers contours. Okja penche donc, théoriquement, du côté du conte à la métaphore filée, aussi plaisante pour les plus jeunes que nourrissante en double-lecture pour les grands. Si le voeu pieu se réalise, nul doute que le nouveau Bong Joon Ho engendrera, encore une fois, un beau succès critique et public.

Quand ?

Un peu partout, c’est le « À venir – Prochainement, en 2017 » qui ressort. Pas de quoi faire une croix sur son calendrier, à moins d’être résolument jusqu’au boutiste et de rayer l’intégralité des mois de mars à décembre. Toutefois, un coup d’oeil indiscret aux informations de la fiche IMdB de Okja, et un appréciable 28 Juin 2017 sauvage apparaît.

MAJ : Okja sera présenté au festival de Cannes. Netflix sortira-t-il ensuite le film sur grand écran ? Le grand débat est ouvert. Pedro Almodovar s’oppose à l’idée d’une Palme d’Or non exploitée en salle, Will Smith (juré de Pedro) ne l’entend pas de cette oreille… Affaire à suivre… 

Pourquoi ?

Le cinéaste coréen, célèbre aux yeux du grand public pour avoir mis un sacré coup de pied au film catastrophe avec The Host en 2006, possède un sacré CV. Metteur en scène virtuose sur Memories of Murder (2003), souvent étudié pour ses sublimes compositions, terrible conteur noir dans Mother (2009), Bong Joon Ho s’est mis payé le culot de réussir avec brio son incursion dans les blockbusters hollywoodiens avec Snowpiercer – Le Transperceneige (2013). Un itinéraire qui n’est pas sans rappeler celui de Park Chan-Wook et son Stoker de la même année.

Actuellement en phase de post-production, Okja est sans conteste l’une des attractions majeures du catalogue de Netflix en 2017. Si l’on ne peut que se féliciter que le film ait trouvé preneur et soit distribué au plus grand nombre, l’association d’un visionnage domestique et celui de l’exclusion des non-abonnés a de quoi faire grincer des dents. En soi, le fait que Netflix soit un distributeur comme un autre ne gêne pas. C’est dans la multiplication potentielle des réseaux de SVOD que se trouve le véritable enjeu. Netflix, Amazon, Canal Plus, et bientôt les FAI (Fournisseurs d’Accès à Internet) construisent leurs modèles sur la base d’exclusivités : le risque étant, à terme, de cloisonner les offres et de recréer un effet « TV câblée » plus que néfaste, à tous les niveaux de production et de consommation.

Le géant américain de la SVOD, ayant récemment acquis les droits internationaux du prochain long-métrage de Martin Scorsese avec Al Pacino et Robert De Niro, plonge en tout cas les deux pieds dans une dynamique qui n’a rien de ponctuelle. L’affaire est à suivre. C’est en tout cas bien dans son contexte externe qu’il faudra trouver des raisons de faire la fine bouche sur un Okja qui s’annonce, strictement en tant que film, comme une petite pépite.




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