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NIGHT CALL

5
Moyen

Branché sur les fréquences radios de la police, Lou parcourt Los Angeles la nuit à la recherche d’images choc qu’il vend à prix d’or aux chaînes de TV locales. La course au spectaculaire n’aura aucune limite…

Prêt à tout.

Après s’être attelé au scénario de Bourne : L’héritage, Dan Gilroy débute à la réalisation avec ce Nightcrawler rebaptisé Night Call en France – très certainement pour profiter du succès de Drive et de son indissociable tube signé Kavinsky.

Faux-thriller satirique, Night Call repose principalement sur la prestation dérangeante de Jake Gyllenhaal. Le comédien amuse autant qu’il inquiète, dans la peau de ce Lou prêt à tout pour réussir. Le vol et la revente de cuivre n’étant pas un business très lucratif, l’opportuniste Lou abandonne les petits larcins pour se consacrer à un nouveau projet : filmer pour les chaînes de TV locales s’arrachant à prix d’or des images fortes pour en faire leurs gros titres matinaux. Le Lou a les dents longues et peu de scrupules pour obtenir ce qu’il recherche. Chaque nuit, il parcourt donc les rues de L-A, à l’affût de séquences sordides qu’il pourra revendre au plus offrant. Gyllenhaal incarne à la perfection ce personnage débectant, du sourire factice au cheveu gras. Ce sociopathe qui s’ignore profite progressivement d’un empire médiatique plus friand de fait-divers morbides et de scandales que de véritables informations.  

Toutefois, ce premier long-métrage peine à maintenir notre intérêt deux heures durant, se révélant trop prévisible ou tiré par les cheveux. Malgré ses petites touches d’humour noir, la dénonciation des dérives sensationnalistes des médias et du voyeurisme exacerbé de certains spectateurs reste finalement assez convenue et insuffisamment acerbe pour être pleinement éloquente. 

La fiche

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NIGHT CALL
Réalisé par Dan Gilroy
Avec Jake Gyllenhaal, Rene Russo, Riz Ahmed…
Etats-Unis – Drame, Thriller
Sortie en salle : 26 Novembre 2014
Durée : 117 min




Il y a 5 commentaires

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  1. Widescreen
    Satire, entre autre, du monde des médias à la recherche de la part d’audience. C’est un petit peu la partie immergée de l’iceberg. En dessous il y a tout un monde qui cherche désespérément à tenter de survivre à la dure loi de la jungle, urbaine et, plus vicieuse, pernicieuse, celle du profit. Que faire pour s’en sortir lorsqu’une société, celle des états, acquise a la cause du marché, rejette et crée en toute (in)conscience les démunis ?

    Si vous êtes sociopathe, avéré, selon l’angle que Gilroy à choisi de nous présenter ici, cela donne Nightcrawler. En grossissant, ou plutôt en faisant ressortir, les traits de la réalité globale de l’ordre du monde. Où comment faire fructifier sa petite entreprise, sa startup.

    Pointer les lois d’un marché virtuel que son personnage (et quel personnage) s’approprie via une toile toute aussi virtuelle (le titre original semble évoquer également les bots informatiques).
    Gilroy prolonge la vision pessimiste-réaliste de son scénario, dans le moindre personnage et jusque dans sa manière de cadrer.

    Surtout n’allez pas voir Night call avec l’accroche Drive, hormis LA et ces voitures obligatoires, Night call n’a rien à voir. Et c’est même contre productif, niveau pub, ironiquement comme si la distribution passait à côté du film. Il se rapproche plus de Taxi driver, dans son ambiance nocturne mais surtout dans le type de type, sociopathe à la dérive prés à tout pour prouver qu’il existe, que nous montre le film.

    Cela nous amène à la performance de Jake Gyllenhall, acteur de l’année, totalement ahurissant, presque méconnaissable à la fois physiquement avec son look émacié, et dans son jeu qui semble perdre, avec ce rôle et cette interprétation, toutes les mimiques que garde l’homme derrière l’acteur, même le plus doué. Proprement hallucinant.


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