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MR HOLMES

4
Dispensable

En 1947, Sherlock Holmes, depuis longtemps à la retraite, vit paisiblement dans le Sussex, avec sa gouvernante et son fils, un détective amateur. Mais la quiétude recherchée n’est que de façade… Une affaire vieille de 50 ans le hante encore et toujours. Malheureusement seuls quelques fragments sont encore vivaces : une altercation avec un époux en colère, un lien profond mais mystérieux avec son épouse fragile. Si son légendaire pouvoir de déduction n’est plus intact, et si Watson n’est plus là, Holmes va se lancer dans son ultime enquête, la plus compliquée de sa longue carrière… 

Lenteur sous le soleil.

129 ans après la création de Sherlock Holmes, il existe toujours une passion du public pour ce détective complexe et passionnant ainsi qu’un intérêt certain pour des cinéastes/scénaristes/producteurs à créer des films ou des séries mettant en scène l’hôte du 221b Baker Street dans des aventures inédites ou adaptées, avec leur patte ou simplement pour gagner de l’argent facilement. Cette année, c’est au tour de Bill Condon (Twilight 4 et 5, Le Cinquième Pouvoir) de proposer sa « vision » du plus célèbre détective anglais, qui est ici un nonagénaire apiculteur qui doit faire face à un ennemi que tout le monde affrontera un jour ou l’autre : la vieillesse.

L’enjeu de ce Mr Holmes est assez simple à deviner : confronter ce brillant esprit à la vieillesse et à la perte progressive de ses capacités intellectuelles afin de mettre en scène une sorte de bilan de sa vie et, ainsi, lui permettre de corriger certaines erreurs commises par le passé. Le film intègre le personnage de Sir Arthur Conan Doyle dans trois époques et histoires différentes : lors de sa dernière affaire des années plus tôt dont il peine à souvenir ; lors d’un voyage au Japon à la recherche d’une plante miraculeuse contre la sénilité ; enfin, dans la maison de campagne de Sherlock en 1947 où il est accompagné d’une infirmière devenue malgré elle sa cuisinière, Ms Munro, et du fils de cette dernière, Roger.

Si l’on voit très bien où Mr Holmes souhaite nous emmener dès le départ, il ne parvient jamais à surprendre par sa forme ou son fond. Même s’il parvient à mêler ces trois histoires aux temporalités différentes sans embrouiller le spectateur (en dépit d’une partie japonaise dénuée d’intérêt), il échoue à développer ses personnages et ne présente qu’une succession de scènes certes jolies mais clairement désincarnées. L’attrait principal du film repose sur la composition de Sir Ian McKellen, qui est, comme toujours, parfaite. Autour de lui, un désert narratif : le personnage de Sherlock Holmes dépeint dans le film est une version aseptisée de ce dernier ; Roger, qui veut devenir son apprenti, ne sert qu’à faire avancer l’intrigue en permettant à Holmes de recouvrer petit à petit la mémoire ; enfin, le manque d’attention porté à Ms Munro, et à Laura Linney par conséquent, énerve car elle cette dernière est réduite à son rôle de bonne qui ne fait que maugréer la relation entre son fils et Holmes et qui subit tout le film les décisions de ces derniers. L’aspect moralisateur de Mr Holmes agace enfin, avec ce discours vu et revu sur l’amour et la nécessité de faire attention aux gens qui nous entourent – morale glissée aussi subtilement qu’un placement de produit dans un film de Michael Bay.

En se laissant porter par les belles images qui défilent à l’écran tout en suivant distraitement l’avancée des intrigues, le spectateur s’amuse à repérer les acteurs et les actrices connu(e)s – coucou Hiroyuki Sanada et Roger Allam – et, une fois sorti de la salle, oublie très rapidement ce très dispensable Mr Holmes. Pour retrouver ce bon vieux détective british, mieux vaut voir (ou revoir) Le Chien des Baskerville avec Peter Cushing avec un bol de sorbet. Fraise évidemment.

La fiche

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MR HOLMES
Réalisé par Bill Condon
Avec Ian McKellen, Laura Linney, Milo Parker…
Grande-Bretagne, Etats-Unis – Drame, Policier
Sortie : 4 Mai 2016
Durée : 104 min




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