still_midnightinparis

MIDNIGHT IN PARIS

6
Nouvelle carte postale

Un jeune couple d’américains dont le mariage est prévu à l’automne se rend pour quelques jours à Paris. La magie de la capitale ne tarde pas à opérer, particulièrement sur le jeune homme amoureux de la Ville-lumière et qui aspire à une autre vie que la sienne.

Bons baisers de Paris !

Son dernier film laissait espérer que le vieux réalisateur new-yorkais binoclard prenne (enfin) sa retraite en même temps que Nicolas et Carlita. Celui qui nous faisait autrefois beaucoup rire, nous surprenait et nous charmait avec son cinéma, était devenu un vieux radoteur qui refait toujours la même soupe dans le même chaudron et avec les mêmes ingrédients. C’est donc avec une certaine crainte que je me suis rendu à une projection de son dernier (et non ultime) métrage dont tout le monde – surtout à Paris et à Cannes – parle. Une heure et demie plus tard, je ressors de la salle plutôt partagé.

Après 25 minutes complètement inintéressantes où l’on nous vend un Paris fantasmé en long et en large, puis où l’on suit un jeune couple bourgeois fraîchement fiancé (Owen Wilson et Rachel McAdams) qui joue aux touristes (avec ce que ça implique : restaurants chics, visites de musées, dégustation de vin) et qui débat autour de problématiques dont on se contrefout royalement, le film prend un virage plutôt inattendu. Si vous n’avez rien lu ou entendu grand choseà propos de Midnight in Paris – en dehors de l’enjeu principal du film : la Première Conne de France sera t’elle coupée au montage ? – vous pourriez être assez étonnés de la tournure des évènements. Entre deux références intello-artistiques, la magie commence à fonctionner et l’on embarque dans ce voyage-surprise teinté de nostalgie et d’illusions, avec lesquels Woody Allen va s’amuser pendant une petite heure.

Cet improbable petit jeu autour de l’irritable consensus « c’était bien mieux avant » s’avère au final plutôt charmant, guère plus. Cette excursion fantasmatique permettra à notre protagoniste principal de rencontrer une galerie de personnages (célèbres) hauts en couleurs, interprétés notamment par Alison Pill, Kathy Bates, Marion Cotillard ou encore Adrian Brody (très drôle, bien que complètement inutile). Certains moments sont plus plaisants et utiles que d’autres lors desquels on reste davantage hermétique. Au final Midnight in Paris reste audacieux par certains aspects mais bien trop facile et répétitif par d’autres (monsieur ne se foule pas trop pour écrire ses personnages, choisir les thèmes de ses films ou trouver une morale plus aboutie).

Le Woody Allen 2011, Midnight in Paris, est un petit mais honorable Woody Allen. Un crû agréable moyennement corsé, un brin amer et teinté de nostalgie, qui évolue en bouche jusqu’à laisser un arrière goût plutôt doux et satisfaisant – bien que peu mémorable. Il a d’ailleurs bien plus de saveur que ce fade beaujolais sans envergure qu’il nous avait servi l’an dernier avec son bel et sombre inconnu.

WOODY ALLEN | USA | 94 MIN | 11 MAI 2011 | O. WILSON, R. MCADAMS, M. COTILLARD



8
Poster un Commentaire

avatar
8 Fils de commentaires
0 Réponses de fil
0 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
5 Auteurs du commentaire
MAGIC IN THE MOONLIGHT | LE BLEU DU MIROIR | DE FILMS EN AIGUILLES : CRITIQUES CINEMAbruno31100UN WEEK-END À PARIS | LE BLEU DU MIROIR | DE FILMS EN AIGUILLES : CRITIQUES CINEMABLUE JASMINE | LE BLEU DU MIROIR | DE FILMS EN AIGUILLES : CRITIQUES CINEMAChonchon Auteurs de commentaires récents
  S’abonner  
plus récent plus ancien Le plus populaire
Notifier de
Vincent
Invité
Woody, même quand il était au top de sa forme, réalisait toujours « la même soupe ». Sauf qu’il avait 20 films de moins à son actif donc ça semblait moins répétitif. Sa filmo est comme un recueil de nouvelles, certaines sont plus prenantes que d’autres mais jamais on ne peut leur retirer une certaine qualité : Midnight est l’une de ses meilleures, romantique à souhait.

Sur ASBAF on a aimé et pas qu’un peu : http://www.asbaf.fr/2011/05/midnight-in-paris-woody-vend-du-reve.html

Cinemarium
Invité
Comme tu le sais déjà, je partage exactement le même avis que toi: Minuit à Paris est un film sympathique mais trop peu mémorable.
Neil
Invité
J’ai été sous le charme du début à la fin. Je trouve que Woody se joue des clichés à la perfection et qu’il retourne habilement à ses premières amours.
Chonchon
Invité
Je suis super fan de Woody, mais j’ai été extrêmement agacée d’apprendre qu’il avait embauché la Carlita. Mais bon… je craquerai, et je le verrai quand même un de ces jours !
trackback
[…] paresseux (You will meet a talk dark stranger), auto-parodiques (Whatever Works) ou carte-postale (Midnight in Paris, To Rome with Love). Seul Vicky Cristina Barcelona – dans lequel éclatait le couple […]
trackback
[…] Comme lors de l’excursion touristico-nostalgique de Woody Allen dans la capitale française (Midnight in Paris), sans les voyages dans le temps, ou le bref séjour de Marion et Jack chez Delpy (2 days in […]
bruno31100
Invité
bruno31100
que dire ? rien à redire ! du pur et excellent Woody Allen come un film sur 2; cette aller venu dans le passé/présent est excellent ! à revoir sans aucun souci
trackback
[…] Allen s’offre des vacances aux quatre coins de l’Europe : Londres, Rome, Barcelone, Paris… Chaque fois, à l’exception peut-être du très bon Match Point, ce bon vieux Woody […]