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METRO MANILA : POUR/CONTRE

6
Bel effort

OSCAR RAMIREZ QUITTE LA CAMPAGNE POUR REJOINDRE MANILLE. QUAND IL TROUVE UN EMPLOI EN TANT QUE CHAUFFEUR, IL SE RETROUVE DANS LE MONDE DANGEREUX DES CONVOYEURS DE FONDS.

 POUR Pour son troisième film, après l’agréable découverte Cashback et la déception de l’ennuyeux The Broken, Sean Ellis semble enfin avoir trouvé l’équilibre entre fond et forme. Le cinéaste britannique choisit de nous raconter l’histoire d’une famille de philippins contraints de quitter la campagne pour rejoindre la métropole afin de s’en sortir financièrement. Malheureusement, cette décision leur sera fatale puisque ce ne sera que le début d’ennuis encore plus inquiétants qui vont conduire les Ramirez dans une impasse. « Des situations désespérées peuvent conduire à des actes désespérés ». C’est ce qu’Oscar raconte en voir-off. Si l’on pourra reprocher aux personnages leur relative naïveté, on appréciera en revanche une narration subtile, une mise en scène, un scénario et une photographie soignés (dirigés par Sean Ellis lui-même) qui fond de cette oeuvre parfois imprévisible un thriller social tendu et élégant – bien qu’elle souffre d’un léger manque de rythme pénalisant. On retiendra également quelques très jolies scènes (celle de la douche notamment) et cette bande sonore envoûtante composée par les talentueux Robin Foster, Dave Pen (Birdpen) et Emiliana Torini. Metro Manila offre une incursion pessimiste et immersive dans l’inégalité sociale philippine, un voyage infernal pas déplaisant malgré ses longueurs. – Wilyrah. 

 CONTRE Misère, misère ! / C´est toujours sur les pauvres gens / Que tu t´acharnes obstinément, chantait Coluche. Ces paroles siéraient à merveille à Metro Manila qui scrute la déchéance et la chute de ses principaux protagonistes – une famille d’agriculteurs philippins pauvres venu chercher de meilleures condition de (sur)vie à Manille – avec une complaisance certaine. Les coups durs et du sort s’enchaînent et c’est quand on se dit qu’ils ne pourront pas tomber plus bas que le scénario révèle que la malchance des personnages est un puits sans fond et qu’ils n’ont pas fini de se casser la gueule. Le Britannique Sean Ellis passe donc près de deux heures à nous rappeler que l’homme est un loup pour l’homme, en ne perdant aucune miette du chemin de croix de son héros. Mais le calvaire de ce dernier est montré avec de jolis plans, censés faire apparaître la grâce dans la laideur (programme baudelairien s’il en est), composant une poésie de la loose qui a de quoi déranger. Le tout livré dans un emballage de thriller urbain aux accents mélo. « Pleurs sur la ville » aurait peut être fait un meilleur titre, mais cela n’aurait rien changé à la médiocrité du film.– FabR.

Remarque : Je tenais à faire une critique supplémentaire concernant le film et plus particulièrement les sous-titres. Il est tout de même plus que regrettable d’engager des traducteurs ne maitrisant pas la langue française. J’ai remarqué au pied levé au moins 4 fautes d’orthographe au cours du métrage dont certains plutôt grossières (deux fautes dans la même scène où Oscar discute avec son patron dans le bureau). Peut-être qu’Haut et Court aurait du vérifier que les gens employés maîtrisaient au moins la conjugaison du verbe être et l’accord avec le sujet. Ce n’est vraiment pas sérieux… TP.



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METRO MANILA

RÉALISÉ PAR SEAN ELLIS

UK – 76 MIN – DRAMA 

AVEC JAKE MACAPAGAL, ALTHEA VEGA

17 JUILLET 2013




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тном ряиYggdrasilShinPierre Auteurs de commentaires récents
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Pierre
Invité
Comme il va, ce Fab Randanne… Mais bon, je suis quasi d’accord.
Shin
Invité
Je considère le dernier long-métrage de Sean Ellis comme l’un des plus beaux que j’ai vu en salles cette année. Cela dit, je comprends tout à fait les réserves de FabR. Le héros de l’histoire a quand même une sacré vie de merde…
Yggdrasil
Invité
Yggdrasil
Personnellement, j’ai apprécié le film pour les mêmes raisons que FabR ne l’a pas fait ; c’est un portrait long et dur de la misère, qui nous envoie à la figure toute la médiocrité et toute l’horreur des basses classes de la ville.
C’est principalement ce qui m’a frappé, plus que l’histoire en elle-même qui semble être, malgré qu’elle ne soit pas mauvaise, une formalité pour nous insuffler cette image, splendidement encadrée par une mise en scène incroyable et un esthétisme impressionant.

Au même titre que 12 Years A Slave, ce film est utile, sans pour autant révolutionner son genre.