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LE MATCH DU BOX-OFFICE | Moonlight VS Silence

Le cinéma réserve toujours des surprises et en février, en France comme aux Etats-Unis, un petit film d’auteur a fait la nique à un réalisateur légendaire. Retour sur ce match où le poids lourd n’est pas celui que l’on croit.

Moonlight : un Oscar au clair de la lune

Sorti le 1er février, Moonlight a totalisé 250 000 entrées en 3 semaines, profitant d’une excellente première semaine à 111 000 entrées sur seulement 86 copies et d’un bouche à oreille favorable grâce à son statut de challenger de poids face à La La Land dans la course aux Oscars.

C’était sans compter sur le bug historique lors de la cérémonie quelques jours plus tard où La La Land fut annoncé vainqueur de la catégorie reine de Meilleur Film pendant quelques minutes en lieu et place de Moonlight. Raflant la statuette ultime et pouvant compter sur des retombées presse mondiales, le film de Barry Jenkins a bénéficié d’un écho sans précédent !

Bien malin, son distributeur français Mars Films a triplé son nombre de copies en 4ème semaine permettant à ce drame intimiste de seulement 5 millions $ de budget de débarquer sur 346 écrans et d’afficher une progression de 127% de ses entrées ! Totalisant déjà près de 450 000 entrées, Moonlight n’atteindra pas le score du dernier lauréat de l’Oscar du Meilleur Film Spotlight (616 000 billets) mais c’est une réussite pour ce film engagé et pudique. Soutenu par une presse dithyrambique, Moonlight frappe également fort aux Etats-Unis avec 26 millions $ de recettes lui assurant une belle carrière amplement méritée !

 

Silence : pas de miracle pour Scorsese

Cinéaste passionné, Martin Scorsese a mis près de 20 ans pour adapter à l’écran le roman japonais Silence paru en 1966, racontant l’histoire de deux prêtres jésuites se rendant dans le Japon du XVIIème siècle pour retrouver leur mentor.

Un sujet plutôt aride, qui malgré son casting de stars réunissant Liam Neeson, Andrew Garfield et Adam Driver, a péniblement dépassé les 300 000 entrées en France en bout d’exploitation.  Même si le cinéaste est coutumier des films fleuves, sa thématique religieuse et sa durée de 2h40 ont certainement rebuté de nombreux cinéphiles se déplaçant d’habitude en masse pour découvrir le dernier Scorsese, plutôt habitué à des entrées confortables (plus de 3 millions de billets au compteur pour Le Loup de Wall de Street et Shutter Island).

Malgré un budget de 47 millions $, plutôt faible Silence confirme son échec à l’échelle mondiale avec seulement 7 millions $ aux Etats-Unis et en totalisant seulement 4 millions de plus dans le reste du Monde.

Loin d’être abattu, il pourra se consoler avec le fait que certains de ses films confidentiels ont finalement acquis une certaine envergure avec le temps (Mean Streets, À Tombeau Ouvert…). Et la page est déjà tournée puisque Marty reviendra à ses premiers amours avec The Irishman, une true story sur un baron de la mafia dans les années 70, qui devrait vraisemblablement zapper les salles obscures pour arriver directement dans vos salons via la plateforme Netflix.




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