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LOU, JOURNAL INFIME

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Bulles de guimauve

Lou est une jeune fille créative et rêveuse d’une douzaine d’années. Elle vit seule avec sa mère, Emma, qui a mis de côté sa vie de femme ces dernières années pour se consacrer à l’épanouissement de sa fille. Leur cocon confortable cache malgré tout quelques failles : Emma stagne et glisse doucement vers la mélancolie alors que Lou est obnubilée par Tristan son petit voisin, délaissant sa bande de copains… Leur bulle éclate alors qu’Emma entame une renaissance amoureuse et qu’un premier baiser fait rentrer Lou dans les années enivrantes de l’adolescence.

Lou, journal infirme.

Retranscription cinématographique de la célèbre BD Lou, qui fait (notamment) fureur chez les jeunes filles, Lou – Journal Infime a été porté à l’écran par son créateur, Julien Neel. Regrettablement, on réalise rapidement que la transition BD-cinéma ne fonctionne pas. On ne s’improvise pas réalisateur, pas plus que l’on ne s’improvise scénariste ou dialoguiste. De ce fait, Lou est un non-film puisqu’il se contente de juxtaposer les vignettes, comme un diaporama ou les bulles d’une bande-dessinée justement. Nous avons même l’impression d’assister à l’un des programmes courts de la première (ou sixième) chaîne du type Nos chers voisins, Scènes de ménage…  

Une grande attention (et une bonne partie du budget) semble avoir été consacrée aux décors et aux costumes, afin de reconstituer l’univers de la BD. Conséquence directe : une profusion d’objets déco et de mignardises sature l’écran. Tant d’énergie et d’argent gaspillés pour en oublier de faire un film… Les scènes s’enchainent sans fluidité, les faux-raccords dérangent, l’artificialité est criante, les personnages sont affreusement peu fouillés, les jeunes comédiens (qui n’en sont pas) sont livrés à eux-mêmes laissant transparaitre leur amateurisme et les actrices expérimentées (Sagnier et Baye) sont contraintes d’en faire des caisses pour compenser. Personne n’y croit vraiment et cela se ressent. Ce brave Julien Neel se prend pour J-P. Jeunet ou W. Anderson mais se vautre lamentablement, restant à des années-lumière de ces auteurs aguerris. Avec de tels handicaps, difficile d’accrocher à ce film désincarné qui tourne en vide de la première minute à la dernière. L’insupportable voix-off ne parviendra pas à meubler et créera au contraire un sentiment d’agacement tout en renforçant l’impression de niaiserie de l’entreprise…

Transposer une BD à l’écran n’est pas toujours chose aisée. Le transperceneige avait été massacré de l’autre côté de la planète, tandis que de nombreux classiques familiaux (Le Petit Nicolas, Ducobu et autres Boule & Bill) ont été sacrifiés sur l’autel du profit paresseux… Lou ! n’y déroge pas. Au final, son seul point fort semble être la présence du chat, argument « cute » et espiègle bien plus naturel que les bipèdes – on ajoutera qu’il est donc le seul protagoniste du film à ne pas cabot-iner. Le constat s’impose malheureusement, Lou – journal infime ressemble au sac de goodies généreusement offert au public lors de l’avant-première : très coloré et sucré, mais bien peu consistant.


La fiche

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LOU, JOURNAL INFIME
Réalisé par Julien Neel
Avec Lola Lasseron, Ludivine Sagnier, Nathalie Baye
France – Comédie
Sortie en salles : 8 Octobre 2014
Durée : 104 min




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