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L’HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE | Terry Gilliam a enfin achevé son projet

Qui ?

Le délirant membre des Monty Python Terry Gilliam, après presque vingt ans de calvaire, arrive enfin au cinéma avec son projet d’adaptation du Don Quichotte de Cervantès. Réalisateur majeur du cinéma anglo-saxon, Gilliam a su créer un univers singulier, tantôt cauchemardesque, tantôt rêveur, marqué par un sens de la poésie et de l’absurde qui font aujourd’hui office de références. On ne peut que souligner l’importance dans l’histoire du cinéma de films comme Brazil (1985), Les Aventures du baron de münchhaussen (1988), L’Armée des douze singes (1995) ou bien encore Las Vegas Parano (1998). Cette influence peut se remarquer, pour prendre un exemple récent, dans le dernier film d’Albert Dupontel, qui, dans le soin apporté à l’image, mais également dans le traitement parfois grand-guignolesque de ses personnages, se réclame ouvertement du cinéma de Gilliam.

L’univers pessimiste du réalisateur, révélant les aspects les plus laids de nos sociétés contemporaines au travers d’hyperboles sarcastiques frôlant parfois l’hystérie, constitue l’un des horizons artistiques les plus passionnants et foisonnants du cinéma mondial.

Ainsi, après pas moins de six tentatives, Terry Gilliam est enfin arrivé à réaliser son projet maudit, un temps nommé parmi les « plus grands films n’ayant jamais vu le jour ». Il retrouve, pour l’occasion, Jonathan Price (Brazil, Les frères Grimm), l’un de ses acteurs fétiches, dans le rôle principal, mais également Adam Driver (Les Derniers Jedi, Logan Lucky, Paterson), l’actrice franco-ukrainienne Olga Kurylenko (vue en 2017 dans La mort de Staline), Sergi Lópes (Harry, un ami qui vous veut du bien, Le Labyrinthe de Pan), Stellan Skarsgård (Breaking the Waves, Dogville, Nymphomaniac) et l’incontournable Rossy de Palma (la loi du désir, Femmes au bord de la crise de nerfs, Julieta).

Terry Gilliam en repérage pour Don Quichotte

Quoi ?

L’aboutissement du Don Quichotte de Terry Gilliam constitue déjà un film en soi, tant il connu de difficultés et de malencontreux coups du sort. A l’origine porté par le duo Jean Rochefort/Johnny Depp, le film, dans sa première mouture, a été abandonné à cause de nombreux retards pris pendant le tournage, des problèmes de santé de Rochefort ainsi que d’un manque de suivi financier de la part de la production. L’extraordinaire documentaire de Keith Fulton et Louis Pepe, Lost in La Mancha (2002), illustre le calvaire qu’a été ce tournage avorté, confortant l’idée d’une malédiction autour de l’adaptation de Don Quichotte (l’adaptation d’Orson Welles a également été inachevée).
Puis se sont succédés les duos Robert Duvall/Ewan McGregor, Duvall/Owen Wilson, John Hurt/Jack O’Connell, Michael Palin/Adam Driver, avant que Gilliam n’aboutisse, in fine, aux choix de Jonathan Price et de Driver.

Une histoire rocambolesque, pour ne pas dire cauchemardesque, qui a sans doute conduit Gilliam à tenir compte du cheminement du projet dans le scénario de son film.

Ainsi, L’Homme qui tua Don Quichotte raconte l’histoire de Toby (Adam Driver), un réalisateur de publicité totalement désabusé, qui doit se rendre en Espagne pour un tournage. C’est alors qu’il fait la rencontre d’un gitan, qui lui offre une copie d’un film que Toby avait réalisé dans la région lorsqu’il était plus jeune, et qui correspondait à une adaptation lyrique de l’histoire de Don Quichotte. Ému par cette redécouverte, Toby part à la recherche du petit village où il avait tourné le film, avant que de se retrouver mêlé à toute une suite de catastrophes.

Quand ?

Le film sortira en France en mai 2018, au moment du Festival de Cannes… Selon nos informations, il sera distribué par Océan films dans l’hexagone.

Pourquoi ?

Voir se concrétiser un film maudit et impossible à tourner pendant près de vingt ans doit bien attiser un quelconque soupçon de curiosité ! Tout cinéphile qui se respecte sait l’importance symbolique de ce film, aboutissement d’un calvaire rarement égalé dans l’histoire du cinéma. Terry Gilliam signe également son grand retour, après l’étrange Zero Theorem (2013), et s’annonce comme l’un des poids lourds de l’année 2018.

Bien que le cheminement chaotique de la production puisse laisser penser au risque d’un éventuel échec, on ne peut que s’intéresser à la sortie de ce film, qui, d’une façon ou d’un autre, marquera l’histoire du cinéma.

poster The man who killed Don Quixote




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