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Les pieds dans le PIFFF | Jour 1

La cinquième édition du Paris International Fantastic Film Festival, autrement dit le PIFFF, se déroule jusqu’à dimanche au Grand Rex à Paris. Tous les jours, vous pourrez retrouver les critiques des longs métrages en compétition, ainsi qu’un journal de bord. Voici le premier chapitre… 

Exorcisme collectif.

Un King Kong surplombant les toits de Paris qu’un orage teinte de rouge. Le visuel de la 5e édition du PIFFF prend une signification particulière après les attentats qui ont ensanglanté la capitale vendredi. Mais, à l’image du primate gigantesque se dressant, fier et prêt à en découdre, sur le toit du Grand Rex, le festival a été maintenu coûte que coûte, loin de se laisser intimider par la barbarie de ceux qui sont capables de s’en prendre à des innocents dont le seul crime est de boire un verre en terrasse, de s’enthousiasmer pour un match de foot ou de s’amuser à un concert. 

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Ce mardi soir, la grande salle du Grand Rex, aux éclairages rouges et bleus que ne renierait pas Suspiria, s’est remplie peu à peu pour le film d’ouverture. Sur fond de Goblins et de BO de Candyman, les attaques terroristes alimentaient les discussions des spectateurs. Certains racontaient comment ils ont vécu ce vendredi 13 novembre, d’autres tentaient de faire de l’humour pour désamorcer le stress. Aussi, quand le clip compilant des plans de tous les films projetés durant ces six jours de festival – montage qui lancera chaque séance – a pris fin, une grande clameur s’est élevé dans la salle. Elle disait la joie des fans de cinéma horrifique et fantastique d’être là, mais les applaudissements et les cris traduisaient aussi la volonté de ne pas céder à la peur – la vraie, celle qui paralyse. 

>> A lire aussi : « Dire qu’on n’est pas fan de films horrifiques, c’est un peu se mentir à soi-même », estime le délégué général du PIFFF

Ce mardi soir, seuls comptaient les frissons de l’angoisse liés au cinéma. La farce gore Portal to Hell était servie en amuse-bouche. Pour son ultime apparition à l’écran – il est décédé en juillet – Roddy Piper incarne un concierge d’immeuble dont la quiétude est sans cesse troublée par les demandes de service des habitants. Et par le-dit portail vers l’enfer qu’ont ouvert deux résidants satanistes dans la cave. Onze minutes potaches, absurdes et bien barrées qui ont reçu le prix Canal+ lors de la dernière édition des Utopiales, le festival de science-fiction nantais. 

Le plat de résistance s’intitule Scream Girl (The Final Girl en VO, dispo en VOD depuis aujourd’hui chez Sony). Taissa Farmiga y incarne une étudiante qui se retrouve littéralement projetée dans un vieux slasher dans lequel a joué sa mère, brutalement disparue. Si elle peut profiter de moments d’intimité avec celle qui lui a donné la vie, il n’en demeure pas moins qu’un boogeyman en voulant à leurs vies rôde dans les parages.

 

Ce film méta (disponible en VOD) était un choix parfait pour ouvrir les festivités. Bien moins horrifique que fun, il surprend par sa charge émotionnelle puisqu’il raconte un travail de deuil. Sans être plombant – il sait éviter les excès lacrymaux quand il s’en approche de trop près. Scream Girl est une parfaite illustration du pouvoir cathartique du cinéma. En ces temps sombres, il faut se souvenir que les films de genre servent à exorciser les angoisses et les horreurs bien réelles. Cette année, le PIFFF sera aussi un exorcisme collectif.

 Les pieds dans le PIFFF, jour 2 >>>




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