OUT OF THE FURNACE

LES BRASIERS DE LA COLÈRE

5
Douteux

À Braddock, une banlieue ouvrière américaine, la seule chose dont on hérite de ses parents, c’est la misère. Comme son père, Russell Baze travaille à l’usine, mais son jeune frère Rodney a préféré s’engager dans l’armée, en espérant s’en sortir mieux. Pourtant, après quatre missions difficiles en Irak, Rodney revient brisé émotionnellement et physiquement. Lorsqu’un sale coup envoie Russell en prison, son frère cadet tente de survivre en pariant aux courses et en se vendant dans des combats de boxe.

Les nerfs à vif

Sorti dans une relative discrétion médiatique, Les brasiers de la colère bénéficie pourtant d’un casting qui a de quoi attirer le grand public : Christian Bale, Casey Affleck, Zoe Saldana (Avatar), Willem Dafoe, Forest Whitaker… La liste de comédiens de renom est plutôt étoffée. Derrière la caméra, on trouve le réalisateur Scott Cooper qui avait fait ses grands débuts avec Crazy Heart – film qui avait offert un généreux Oscar du meilleur acteur à Jeff Bridges.

Dans la lignée de ce premier métrage et dans la veine de The fighter – film de boxe dans un milieu ouvrier – Out of the furnace s’intéresse à la relation de deux modestes frères aux trajectoires différentes : le premier travaille d’arrache-pied à l’aciérie de la ville et le second revient d’une guerre en Irak particulièrement traumatisante. Sorte de héros de la classe populaire américaine, Christian Bale campe avec beaucoup de justesse (et le charisme qu’on lui connait) un frère aîné très concerné et altruiste qui verra sa vie bouleversée par des événements tragiques. Face à lui, Casey Affleck parait plus à la peine dans la peau du cadet meurtri à la dérive. Son personnage se retrouvera dans des combats de boxe clandestins pour payer ses dettes tout en expulsant sa rage et sa douleur. 

Se déroulant dans la « ceinture de la rouille », une région très industrialisée des Etats-Unis peu représentée au cinéma, Les brasiers de la colère souffre de son intrigue excessivement banale et de son propos lourdement manichéen semblant d’ailleurs par moments promouvoir la loi du Talion – même si l’avant-dernier plan du film ouvre la porte à une interprétation plus nuancée. Tourné en décors réels dans la ville de Braddock, le long-métrage bénéficie de cette authenticité contextuelle bienvenue et de la patte de Scott Cooper, qui fait preuve d’un vrai sens de la mise en scène après seulement deux longs. 

Revenge-movie familial et ouvrier porté par l’interprétation irréprochable d’un Christian Bale ne parvenant pas à faire oublier la triste banalité de sa trame (et de ses personnages) et l’ambiguité de son argument, Les brasiers de la colère se laisse  suivre sans déplaisir grâce à la mise en scène de Scott Cooper et des comédiens quasiment tous au diapasonтном ряи.

La fiche
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LES BRASIERS DE LA COLERE
Réalisé par Scott Cooper
Avec Christian Bale, Woody Harrelson, Casey Affleck, Zoe Saldana, Forest Whitaker
Etats-Unis – Drame
15 janvier 2014
Durée : 116 min




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AMERICAN BLUFF | LE BLEU DU MIROIR | DE FILMS EN AIGUILLES : CRITIQUES CINEMAтном ряиdasola Auteurs de commentaires récents
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dasola
Invité
Bonsoir Wilyrah, j’ai été gênée par la fin où le personnage joué par CB se fait justice lui-même. A part ça, c’est vraiment noir à tout point de vue. En revanche, quel casting! Bonne soirée.
trackback
[…] Bradley Cooper qui n’a définitivement rien d’un grand acteur (à contrario d’un Christian Bale bien souvent impeccable). Libre à nous enfin d’apprécier les séduisants déhanchés […]