THE HATEFUL EIGHT

LES 8 SALOPARDS

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Au théâtre ce soir

Quelques années après la Guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren, un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où ils sont accueillis par quatre personnages énigmatiques : le confédéré, le mexicain, le cowboy et le court-sur-pattes. Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, l’auberge va abriter une série de tromperies et de trahisons. L’un de ces huit salopards n’est pas celui qu’il prétend être ; il y a fort à parier que tout le monde ne sortira pas vivant de l’auberge de Minnie. 

Cons gelés.

« The name of the game here is patience. » Autrement dit, « Il va falloir être patient »… La consigne, lancée par l’un des malfrats dans Les 8 Salopards s’adresse aussi au spectateur. Car il risque de trouver le temps long en attendant que ce western décongèle. Comme ramolli par la neige et le blizzard qui accable les anti-héros du film et malgré le superbe thème composé par Ennio Morricone, le scénario bavard – forcément, on est chez Tarantino – traîne la patte. On pressent que le réalisateur de Pulp Fiction et Inglourious Basterds mitonne un truc façon cocotte-minute, laissant la pression monter imperceptiblement jusqu’à l’explosion finale. Mais pendant plus d’une bonne heure (c’est long !), le petit système tourne à vide. Peu de punchlines, pas davantage de scène choc. Jennifer Jason Leigh est transformée en punching-ball humain à la voix criarde tandis que les acteurs enfilent les «N word » dans leurs répliques. Difficile de dire si l’occurrence du mot « nègre » relève davantage du geste politique dénonçant le racisme ou de la simple provocation substituant ce mot aux traditionnels « fuck ».

Puis, après l’entracte, le petit théâtre filmé – Tarantino a un temps envisagé Les 8 Salopards comme une pièce – finit par s’animer, l’auteur prouvant sa maîtrise du suspense et de la surprise. La patience du public est alors récompensée. Un jet de grand guignol, quelques éclaboussures gores et voilà que le scénario lorgne du côté d’Agatha Christie avec une séquence de confrontation digne d’un Hercule Poirot de l’Ouest américain. Etrangement, QT ne s’était jamais vraiment aventuré du côté du film d’horreur. Il aura attendu son huitième long-métrage pour remédier à cette lacune de bisseux. Plus ou moins consciemment, il cite entre autres Evil Dead, Suspiria ou Carrie… offrant aux fans de cinéma de genre, un jouissif jeu de massacre. Comme toujours chez Tarantino, il y a des ruptures de tons, un humour incisif et une cruauté étrangement jubilatoire. La recette est éprouvée et c’est pourquoi on reste sur sa faim.

Le palmedorisé ne signe pas ici la pierre angulaire de sa filmographie – qu’il compte limiter à dix titres – et l’on se risquerait même à dire qu’il s’agit du moins inspiré de sa carrière. Reste l’exercice de style, une sorte de relecture du huis clos de Reservoir Dogs avec ses gangsters pas tous francs du collier, qui séduira les tarantinophiles. Un avis mi-figue, mi-raisin qui n’empêche pas d’attendre le neuvième film dudit Quentin. Patience.

 

La fiche

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LES 8 SALOPARDS
Réalisé par Quentin Tarantino
Avec Samuel L. Jackson, Kurt Russel, Jennifer Jason Leigh, Tim Roth…
Etats-Unis – Western, Horreur
Sortie : 6 janvier
Durée : 168 min




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selenie Auteurs de commentaires récents
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selenie
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Un superbe film pour ma part… Mais c’est effectivement le 8ème du réal (son moins bon donc)