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LE TOURNOI

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Promesses à confirmer

7 jours de tournoi dans un grand hôtel à Budapest. Un favori : Cal Fournier, 22 ans, champion de France d’échecs, génie immature, programmé pour la victoire, combat ses adversaires avec une puissance impressionnante. Déconnecté du monde, Cal se noie dans les jeux et paris permanents avec sa petite amie Lou et ses acolytes Aurélien, Anthony et Mathieu. Mais un adversaire pas comme les autres va enrayer cette routine bien huilée…

Les démons du jeu.

Dès les premières secondes, Le tournoi surprend par sa force stylistique qui trahit l’envie de cinéma de son auteure. Avec une mise en scène élégante et moderne, le premier film d’Elodie Namer réussit à nous embarquer immédiatement dans l’univers méconnu des compétitions d’échec. Ce monde là est beaucoup plus familier pour la jeune réalisatrice qui l’a fréquenté pendant de nombreux mois. Fasciné par la dynamique de ce microcosme, elle s’est immergée au maximum parmi les joueurs d’échec qu’elle a rencontré et a appris le jeu pour mieux comprendre les rouages de leur passion. Celle-ci raconte « les combats acharnés devant un échiquier, la pression des tournois, l’exaltation des victoires, la rage des défaites ». Elle confesse s’être « noyée dans le jeu compulsif, pour ensuite écrire imprégnée de toute cette matière ». « Nourrie de leurs intimités, de leurs codes, de leurs manies, de leur langage si particulier », celle qui s’est fait la main sur de nombreux scénarios pour la télévision a décidé de sauter le pas en passant derrière la caméra.

Ce qui surprend agréablement – et qui plait forcément – est donc le parti-pris formel de ce premier film, ce goût indéniable pour la stylisation avec un soin très particulier apporté aux images (superbe photographie jouant sur les couleurs saturées et les contrastes) et au son (partition musicale envoûtante signée DBFC) qui nous emporte dans l’enthousiasme et la tension des compétitions et de leurs coulisses. En revanche, ce quasi huis-clos déçoit lorsqu’il s’agit d’explorer les relations humaines entre les différents protagonistes (le coach, les partenaires, l’amante, l’adversaire obsédant…). Il faut dire que l’interprétation faiblarde de Michelangelo Passaniti n’aide pas à donner de l’envergure au personnage principal qui paraît bien trop lisse pour exercer la force d’attraction souhaitée et déclencher l’empathie lorsque celui-ci peine à vaincre ses démons. Face à lui, Lou de Laâge livre une prestation plutôt convaincante.

Trop balisé sur un point de vue narratif, Le tournoi mérite néanmoins d’être découvert pour sa mise en lumière d’un microcosme peu illustré au cinéma ainsi que pour les séduisantes promesses d’une cinéaste en devenir.  

La fiche

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LE TOURNOI
Réalisé par Elodie Namer
Avec Michelangelo Passaniti, Lou de Laâge, Magne-Håvard Brekke
France – Drame, Comédie
Sortie en salle : 28 Avril 2015
Durée : 83 min




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Techniquement séduisant, l’histoire vaut ce qu’elle vaut. Le monde apparemment calme des échecs ou tout n’est que stratégies, coups et contre coups dans la partie mais aussi avant et après (souvent fourrés) est mis à mal. Entre sidérants after de geeks borderline antisociaux le film faits des choix qui laissent perplexes. Le personnage aura t-il grandie dans cet histoire ? Pas certain avec son final trop rassurant mais pas convaincant.