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LA LA LAND

8
Enivrante mélancolie

Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…

Une déclaration d’amour.

Si vous venez tout juste d’entendre parler de La La Land, à l’occasion de sa récente avant-première parisienne ou de son triomphe aux Golden Globes – établissant un nouveau record avec sept prix – vous serez probablement sceptiques devant le ramdam provoqué par cette comédie musicale résolument nostalgique et romantique. Si, en revanche, comme nous, vous suiviez le projet depuis ses prémisses, vous aurez envie de vous ruer au cinéma pour le découvrir.

Une mise en garde est de rigueur. Le troisième long-métrage de Damien Chazelle (après Guy and Madeline on a park bench et le fulgurant mais surestimé Whiplash) n’est pas un film nunuche, pas plus qu’il n’est un feel-good movie. S’il transpire l’amour du cinéma par chaque pore, c’est une vibrante allégorie des illusions autour de la machine à rêves qu’est Hollywood. Si La La Land s’offre de nombreux clins d’oeil aux classiques américains du genre (Chantons sous la pluie, Moulin Rouge, West side story notamment), il rappelle surtout la déchirante beauté des Parapluies de Cherbourg et la virevoltante énergie des Demoiselles de Jacques Demy.

Damien Chazelle capture cette essence tendre et nostalgique – comme le faisait si bien son aîné il y a un demi-siècle – et le transpose sur les hauteurs de la Californie contemporaine, ramenant le genre à ses racines hollywoodiennes. La magie a débuté à L.A. où le musical a connu un âge d’or auquel le long-métrage de Chazelle rend un vibrant hommage. Il suffit parfois d’un homme et d’une femme qui s’aiment devant un coucher de soleil pour que le charme opère. Mais la magie enchanteresse de cette romance en Cinemascope se heurte à la cruauté de l’industrie artistique. Car derrière l’emballage chatoyant de cette épopée construite en quatre actes se cache une histoire d’amour contrariée par la réalité et une parabole fataliste sur la poursuite des rêves. Alors que la première partie emporte, littéralement, vers les étoiles, la seconde ramène à la dure réalité et frappe en plein coeur. Après avoir tutoyé les astres, la chute – aussi délicatement amenée soit-elle – sera d’autant plus dévastatrice. 

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Déjà réunis deux fois à l’écran, l’alchimie entre Emma Stone et Ryan Gosling tient du miracle. L’évidence, promise par le casting de la tête d’affiche de Cabaret et le leader de Dead Man’s Bones, se confirme dans un spectacle enivrant de deux heures. Ils apportent la candeur, la fragilité et la fougue nécessaires à leur composition avec une complémentarité irrésistible. La trame musicale de Justin Hurwitz donne un élan supplémentaire à la mise en scène passionnée de Chazelle et à la fluidité des interactions de nos deux rêveurs en puissance, entre chamaillerie, tendresse et accrochages. 

Fragile, artisanal et, bien qu’imparfait (on sent parfois les ficelles), La La Land profite d’une direction artistique sensationnelle lui permettant définitivement de tenir ses promesses et de rendre plus qu’un hommage au genre. Porté par la grâce et la légèreté de ses interprètes, La La Land conquiert jusqu’à son épilogue d’une prodigieuse beauté (que Donen, Demy ou même Dolan ne renieraient pas) vous laissant empreint d’une douce mélancolie durable. 

La fiche

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LA LA LAND
Réalisé par Damien Chazelle
Avec Emma Stone, Ryan Gosling
Etats-Unis – Romance, Musical, Comédie dramatique

Sortie en salle : 25 janvier 2017
Durée : 128 min
 

 




Il y a 2 commentaires

Ajoutez le vôtre
  1. Ynausicaa
    Pour moi, c’est un film surestimé. Certes, on sent tout l’amour et le travail sur le projet, mais il mansue quelsue chose.
    J’avoue certaines scènes sont superbes. Toutefois, l’ennui pointe parfois.
    Peut être suis-je trop exigente!
  2. princecranoir
    La férocité de la jungle hollywoodienne mise en voix par de fluets filets, c’est bien cette touche de modestie qui m’a séduit en grande partie je doit l’admettre. Chazelle couple à merveille ses deux passions pour le jazz et le cinéma, non sans un certain cynisme quant aux destinées de ses personnages. Pas nunuche pour deux cents en effet.

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