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JOE

2
Détestable

Dans une petite ville du Texas, l’ex-taulard Joe Ransom essaie d’oublier son passé en ayant la vie de monsieur tout-le-monde : le jour, il travaille pour une société d’abattage de bois. La nuit, il boit. Mais le jour où Gary, un gamin de 15 ans arrive en ville, cherchant désespérément un travail pour faire vivre sa famille, Joe voit là l’occasion d’expier ses péchés et de devenir, pour une fois dans sa vie, important pour quelqu’un. Cherchant la rédemption, il va prendre Gary sous son aile.

Bienvenue chez les péquenauds

Depuis une bonne décennie, Nicolas Cage a vu son revenu augmenter de manière proportionnelle au nombre de navets dans lesquels il a tourné. Si l’on excepte le très bon Lord of War, la filmographie du neveu Coppola ressemble à un cimetière de nanars tous plus désolants les uns que les autres. Ce Joe laissait donc imaginer que l’acteur en avait assez de cachetonner et espérait renouer avec la crédibilité artistique. Malheureusement, on réalise assez rapidement que ce pauvre métrage de David Gordon Green n’aura pas l’effet escompté.

Cage fait l’acteur et campe Joe, cowboy badass au grand coeur recueillant toutes les brebis égarées du secteur. Le bonhomme s’enquille bière sur bière, fume comme un pompier, se tape régulièrement une prostituée mais tient à ses valeurs. Ainsi, il embauche des ouvriers dans le besoin et vole à la rescousse d’un gamin de 15 ans désoeuvré qui trouvera en lui un père de substitution. Si Joe n’est pas sans rappeler le très bon Mud de Jeff Nichols, avec Matthew McConaughay et Tye Sheridan justement, il ne tient jamais la comparaison. 

On pensera alors plutôt à l’inconsistant Prince of Texas du même réalisateur, Joe se révélant encore plus insupportable. Alors que Green nous imposait deux imbéciles bons à rien dans son précédent long-métrage tournant à vide, il nous inflige cette fois-ci des personnages quasi-préhistoriques avec cette armée de (grandes) gueules cassées, de poivrots et de péquenauds débitant insultes et blagues salaces à tout bout de champ, le flingue toujours à portée de main. Son univers redneck suinte le simplisme et tourne ses protagonistes au ridicule : Joe l’ex-criminel débite quelques répliques existentielles entre deux quintes de toux, Gary le jeunot simplet garde le sourire malgré les coups de son père et la misère de son existence, les ouvriers blacks plaisantent sur la taille de leur verge… aussi subtil qu’un film de Dany Boon. 

Pénible drama rédemptoire aussi macho qu’épuisant, Joe dépeint l’Amérique comme un enfer où survivent misérablement des êtres primitifs ne pensant qu’à se battre, baiser et se bourrer la gueule, en traitant leur femme comme une insupportable pute bonne qu’à vous empêcher de décuver tranquillement. Nauséabond et détestable.

La fiche
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JOE
Réalisé par David Gordon Green
Avec Nicolas Cage, Tye Sheridan, Adriene Mishler
USA – 117 min – Drame
30 avril 2014
Wild Side / Le Pacte




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dasola
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Rebonjour тном ряи, je suis un peu moins dure que toi mais j’ai trouvé tout même que l’ensemble était très glauque. Bonne journée.