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HALLOWEEN | Notre sélection de films pour fêter le 31 octobre

Halloween est censée être une fête sympathique où les gens passent un bon moment à manger des bonbecs, à se déguiser en tout et n’importe quoi, tant qu’on peut l’assumer toute une journée et dans l’année qui suit. Alors quitte à rester dans une ambiance bon enfant, autant se regarder un bon film non ? La rédaction de Le Bleu du Miroir vous propose donc sa sélection de films pour que votre écran (de télévision, d’ordi) fête lui aussi dignement Halloween.

Le choix de Thomas P. : Morse

Quelques semaines avant la sortie de The snowman avec Michael Fassbender, il était de bon ton de rappeler que Tomas Alfredson (qui a également réalisé La taupe) s’est fait connaître par le biais d’un thriller glacé où la monstruosité de l’homme se mêle à celui de la créature vampirique. Sensible et pervers, Morse procure quelques frissons et dégage une poésie hypnotisante grâce à son esthétisme léché et son rythme presque contemplatif dans le cadre cotonneux de la banlieue de Stockholm. Un récit d’apprentissage troublant et contagieux, qui contamine votre esprit plusieurs heures après son visionnage.

Le choix de Fabien G. : L’Orphelinat

Avec ce premier film, l’espagnol Juan Antonio Bayona réalise un coup de maître instantané. L’Orphelinat répond à tous les codes des films de maison hantée autant qu’il les pulvérise. L’horreur est ici à l’état pur, pas d’effets spéciaux, pas de jump scares, mais une ambiance angoissante savamment amenée et distillée, qui est d’autant plus efficace qu’elle s’intègre dans l’horreur d’un drame bien réel, celui de la perte d’un enfant. L’Orphelinat se double ainsi d’une réflexion sur l’acceptation du deuil, et émeut autant qu’il fait peur. Le final confère au sublime lorsque l’horreur rejoint la poésie. Objet par ailleurs visuellement splendide et porté par l’impeccable prestation de Belén Rueda, L’Orphelinat s’impose comme un des dignes représentants du cinéma fantastique espagnol des années 2000. 

Le choix de Céline B. : La mouche

Quelques jours après l’arrivée tonitruante d’une heure d’hiver glaciale, la longue nuit d’Halloween est fréquemment l’occasion de (re)découvrir avec jubilation des films marquants du cinéma d’horreur. Tandis qu’une ribambelle d’inévitables références trustent logiquement les écrans (Massacre à la tronçonneuseL’Exorciste ou La Nuit des morts-vivants, pour ne citer que celles-ci), il serait bien dommage d’occulter d’autres grandes réussites du genre. Parmi elles,La Mouche, remake du film La Mouche Noire de Kurt Neumann, s’impose toujours – trente-et-un ans après sa sortie ! – comme une inoubliable plongée en enfer. David Cronenberg sait pertinemment que l’épouvante née dans la fragilité du quotidien n’en devient que plus terrifiante lorsqu’elle se retrouve pleinement ancrée dans la réalité. Conscient du potentiel horrifique habitant cette histoire de mutation physique, il pousse jusqu’au bout les curseurs de l’écœurement en ayant recours à des images fortes, sous-textes d’une lente dégénérescence d’un corps meurtri par la maladie. Le réalisateur y transcende par ce biais son propre traumatisme existentiel (la vision d’un père mourant à petit feu d’un cancer) dans une puissante tragédie humaine sur l’absurdité du destin. Un immanquable, aussi tétanisant que bouleversant.

Le choix de Julian B. : Simetierre

Simetierre (sorti au cinéma en 1989) n’est certainement pas l’adaptation la plus culte d’un roman de Stephen King (Carrie et Shinning ayant déjà pris cette place) mais assurément une des plus affirmées. Si le film navigue de manière plutôt balisée entre les différents codes de l’horreur, il se démarque avec son histoire sans concession qui suit la déchéance d’une famille parfaite de la middle-class américaine. C’est finalement cette direction profondément pessimiste qui étonne et permet au film de passer au-dessus de la mêlée. C’est parfois laid et poussif, à ranger facilement dans la case du téléfilm passable, mais Simetierre se savoure comme une bonne série B gothique au style assumé, qui continue d’inspirer une génération de cinéastes. Peut-être pas pour rien qu’Andy Muschietti (qui a récemment ressuscité Ça au cinéma, avec le carton qu’on connaît) et Guillermo Del Toro rêvent de mettre la main dessus pour en faire un remake.

Le choix de Robin S. : La cabane dans les bois

Les classiques ? Vos amis ne sauront pas les apprécier. Paranormal, Insidious, Conjuring ? Déjà vu au ciné, ceux du fond vont s’endormir. Vous cherchez un film de gros malin, parce que, au fond de vous, vous savez que vous l’êtes vous même un peu. Votre film d’halloween, c’est La Cabane Dans Les Bois. Petit bonbon de Joss Whedon et surtout Drew Goddard (Cloverfield, Daredevil, Seul sur Mars, et quelques petites incursions côté Abrams avec Alias et Lost), cinq quasi-teens dont un stoner idiot, une jolie ingénue, un sportif gentillet, et un couple tendance spring breaker écervelé partent en vacances dans la fameuse cabane sans réseau prêté par tonton “ficelle scénaristique” Mike. Evidemment, ça vous rappelle mille références et mille scénarii déjà vus – c’est le but, dis donc. En s’amusant à jouer avec des situations et des dialogues idiots pour mieux les renverser un à un, La cabane dans les bois est un artefact pensé comme un Rubik’s Cube (ce n’est pas de moi, c’est sur l’affiche). À la fois méta sans trop en faire, drôle, absurde, malin, effrayant et excitant, voilà un mélange parfait ponctué d’un casting sur mesure. Et qui sait, si vous le découvrez aujourd’hui, il deviendra peut être votre rituel culte annuel.

Le choix de Florent D. : Ne t’endors pas

Si vous voulez frissonner avec intelligence, rien de tel que de plonger dans l’œuvre de Mike Flanagan. N’abusant jamais de jumpscares faciles – effet de style qui gangrène la production horrifique actuelle (coucou Ça !) – le cinéaste a pour credo de placer ses personnages au cœur de son récit. Ce qui a pour conséquence que l’on s’attache à eux, que l’on croit en leurs doutes et en leurs peurs. Dans Ne t’endors pas (Before I wake), disponible sur Netflix, il est question du monde de l’enfance, du deuil et de la maladie, sur fond d’un imaginaire tour à tour merveilleux puis inquiétant. À ce titre, certaines apparitions paranormales sont littéralement cauchemardesques, provoquant de l’effroi à l’état pur. Peu de films sont capables de provoquer chez son spectateur des tremblements de peur puis des larmes de tristesse, le tout en l’espace de cinq minutes. Ne t’endors pas est sans le moindre doute de ceux-là. Et c’est la démonstration que Mike Flanagan est ce qui pouvait arriver de mieux au cinéma de genre, ce que Jessie (sorti récemment, lui aussi sur Netflix) est venu brillamment confirmer.

Le choix de Morgan F. : Le loup-garou de Londres

Tiens, et pourquoi pas Le Loup-Garou de Londres ? John Landis – le gars derrière les Blues Brother et le clip de Thriller (déjà Halloweenesque en diable) – y insuffle une bonhomie qui ferait presque oublier que l’on regarde un film de loup-garou. L’humour pince-sans-rire ainsi que sa bande-originale plutôt originale pour le coup – on y retrouve uniquement des chansons tournant autour de la Lune – donne la pêche et certaines situations absurdes provoquent même un rire bon enfant. Mais Landis n’oublie pas l’horreur : celle d’un bon gars niais nommé David Kessler qui essaie de vivre normalement alors que sa vie lui échappe petit à petit et qui essaie au fil du film de se réveiller de ce rêve bizarre qui devient un cauchemar. Seulement de cauchemar il n’y en a point ; et quand la transformation arrive, elle fait physiquement mal. De drôle, le Loup-Garou de Londres devient angoissant et met en valeur le mythe du lycanthrope et de sa capacité de destruction, grâce notamment aux effets visuels bluffants encore pour aujourd’hui. Le meilleur des années 1980, avec de l’horreur et de l’angoisse (mais pas trop), du rire et des larmes (sans que cela n’empiète sur l’horreur) : bref, un immanquable à savourer à plusieurs autour d’une bière, en double header avec Christine de John Carpenter (c’est cadeau).

Le choix de François L. : Donnie Darko

Donnie est un adolescent perturbé. Somnambule, il se rend la nuit dans un cinéma de sa ville où il retrouve son ami imaginaire Frank, un lapin géant au visage défiguré. Frank lui dit de faire des choses atroces. Selon lui, la fin du monde arrivera dans vingt-quatre jours… Film culte sur la noirceur de l’adolescence, la conscience de la mort, Donnie Darko est un drame fantastique unique en son genre qui brille d’un soleil bien sombre. Mention spéciale à la chanson « Mad World » de Gary Jules qui achèvera de vous désespérer.

Le choix de Maxime L. : It Follows

À proprement parler, It Follows n’est pas un film d’horreur. Ce n’est pas l’effroi que cherche à provoquer David Robert Mitchell ; mais la peur de vivre est bel et bien là dans ces visages adolescents angoissés, poursuivis par des créatures si proches – et si différentes – de gens ordinaires, et dont ils ne peuvent se débarrasser qu’en refilant le mal qui les ronge à une autre personne par un rapport sexuel. It Follows entretisse les métaphores : les MST, la mort, le passage à l’âge adulte dans un Detroit abandonné… Un film d’une grande richesse symbolique et esthétique, qui pose frontalement notre impuissance devant l’inquiétante étrangeté de ces créatures.

Le choix de Paul H. : The Strangers

Le film de Na Hong-jin, outre le fait qu’il soit un grand film d’horreur, est un grand film tout court, que tout cinéphile doit s’empresser de voir. Pour reprendre une expression de l’excellentissime Philippe Rouyer, The Strangers est bâti « comme une cathédrale » : au départ simple thriller, le film s’engouffre progressivement dans le fantastique, et, plus largement, dans un questionnement métaphysique et ésotérique sur l’existence du Diable. Le Mal est le fruit de notre regard, et il ne suffit d’un rien pour qu’il nous pousse au péché. Thriller, film burlesque, film de zombie, drame familial et in fine pur film d’horreur, The Strangers offre aussi et surtout l’une des fins les plus radicales et les plus marquantes de ces dernières années. À retenir également l’extraordinaire scène de « double-exorcisme », véritable coup de génie dans l’usage du montage alterné. À voir absolument.




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