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GERONTOPHILIA

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Trop sage

Lake, 18 ans, un garçon plutôt ordinaire, vit avec une mère névrosée et sort avec une fille de son âge, un peu excentrique. Mais il se découvre un penchant de plus en plus fort pour… les vieux messieurs. Embauché dans une maison de retraite pour l’été, il tombe sous le charme de M. Peabody, un séduisant patient de 82 ans.

Lajoie et LaBruce

Artiste sulfureux aux multiples facettes (photographe, écrivain, réalisateur), Bruce LaBruce – aka Justin Stewart – est devenu culte pour certains cinéphiles en 1996 avec son Hustler White, film plutôt trash qui acquit une notable réputation underground. L’intenable touche-à-tout n’hésita pas ensuite à réaliser de nombreux shootings et films pornographiques majoritairement gays, ce qui lui ouvrit autant de portes que ça lui en ferma. C’est avec un long-métrage plus mainstream que le cinéaste torontois revient sur le devant de la scène, Gerontonphilia

Le titre et l’intrigue ne vous laisseront pas indifférents. Le film raconte l’histoire d’un jeune homme de 18 ans qui commence à développer une attirance pour les personnes âgées allant jusqu’au véritable fétichisme. Bientôt, celui-ci tombera amoureux d’un des patients de la maison de retraite dans laquelle il travaille. 

Entre ironie et romantisme, LaBruce a souhaité réaliser une histoire d’amour sincère qui serait comme une version inversée de Lolita, où l’homme âgé tiendrait le rôle de Lolita. Il profite de cette histoire et de ses personnages pour distiller ça et là quelques points de vue sur le féminisme, la tolérance et le traitement des personnes âgées dans les institutions (manque d’attention et d’affection, surmédicamentation, négligence). Enfin, il s’appuie sur ses deux interprètes : le jeune Pier-Gabriel Lajoie, qui fait ses débuts sur grand écran (après quelques apparitions au théâtre et à la télévision), et l’expérimenté Walter Borden, homme de scène shakespearien autrefois activiste de la cause black et gay (récompensé au Canada d’une médaille équivalente à la Legion d’honneur).

Le tandem fonctionne bien à l’écran, rendant cette histoire aussi crédible que sensible. On ne tombe jamais dans le scabreux ou le provocateur. Malheureusement, malgré son sujet et son esprit libertaire assumé, le film manque ironiquement d’un peu de folie pour véritablement marquer les esprits. Ajoutons également qu’en dépit de sa courte durée, le film accuse même quelques coups de mous en cours de route. Ainsi, Gerontophilia ne s’avère être qu’un film agréable et attachant mais plutôt dispensable.

La fiche
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GERONTOPHILIA
Réalisé par Bruce LaBruce
Avec Fan Liao, Lun-mei Gwei, Xue-bing Wang
Canada – Comédie, Drame, Romance
26 mars 2014
Durée : 82 min

Merci à Anais pour l’invitation.

La critique de FabR.






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bruno31100тном ряиGekkou Auteurs de commentaires récents
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Gekkou
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Le moins qu’on puisse dire, c’est que le sujet interpelle ! :O
C’est étonnant que je n’en ai pas entendu parler… C’est noté sur ma liste, un grand merci !
bruno31100
Invité
bruno31100
pas vu, quel dommage; un sujet qui dérange dans les esprits et les chaumières (cf FESTEN par exemple avec l’inceste ou LES BEAUX JOURS sur les couguars) un scénariste que je connais pour ces films X Gays qui se lance dans le grand bain public, çà interpelle ! A rattraper sur Arte dans 2 ans.