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EQUALS

7
Élégant

Dans un monde où les sentiments sont considérés comme une maladie à éradiquer, Nia et Silas tombent éperdument amoureux. Pour survivre, ils devront cacher leur amour et résister ensemble.
 

Perfect sense.

Quelle mouche pique donc les distributeurs hexagonaux pour rester ainsi sourds aux belles sirènes lancées depuis maintenant cinq ans par le talentueux Drake Doremus ? Désormais habitué aux honneurs des plus prestigieux festivals internationaux (son superbe Like Crazy a notamment reçu le Grand Prix du Jury à Sundance), le réalisateur américain demeure, en effet, tristement méconnu dans nos contrées, relégué sur l’étagère des pépites secrètes réservées à une poignée d’aficionados. Présenté l’année dernière à la Mostra de Venise et emmené par un casting séduisant (de Kristen Stewart à Nicholas Hoult en passant par Guy Pearce), son nouveau long-métrage, Equals, devra, à son tour, suivre cette incompréhensible logique pour se frayer un sinueux chemin jusqu’à nos écrans lors d’une prochaine exploitation en e-cinéma.

Élégant et intrigant, Equals réunit pourtant une kyrielle de grandes qualités, aptes à confirmer le statut de son auteur tout en alliant le potentiel d’un joli succès au box-office et une louable proposition artistique dans une industrie cannibalisée par les sorties techniques. Las, cette poignante romance SF se retrouve toutefois, comme tant d’autres, confrontée à une époque d’objets-kleenex où l’exigence et l’audace ne suffisent plus pour venir hanter les salles de cinéma. Peu importe ses illustres références, son soin formel ou l’évidente implication de ses acteurs principaux, le film est, malgré cela, contraint de rester dans l’ombre alors qu’il mériterait de rayonner en pleine lumière.

Inspiré (mais pas vampirisé) par l’inévitable Gattaca, THX 1138 ou le plus récent The Lobster, Drake Doremus recrée, avec Equals, l’un de ces futurs déshumanisés où la quête de performance a totalement annihilé la moindre trace d’affect. Plus d’amitié, plus d’amour, plus aucun sentiment, ni aucune sensation pour une horde de robots d’âmes dont la chair et le cœur ne palpitent jamais au gré de leurs émotions. Alors que, sur le papier, le film pourrait ressembler à un redondant melting-pot de nombreux récits d’anticipation ou sombrer dans les pires travers de la littérature young adult, le cinéaste parvient à distiller, une nouvelle fois, sa petite musique avec acuité et justesse.

Ainsi, Drake Doremus a beau déplacer son univers sur le terrain étranger de la science-fiction, il réussit à en respecter les codes sans se délester de son émouvante sensibilité. N’ayant rien perdu de son habileté à filmer l’amour naissant, il transcende sa thématique fétiche des relations impossibles en insufflant une sensorialité manifeste à sa mise en scène. Par la grâce des premiers effleurements et la présence magnétique d’un touchant duo d’acteurs, Equals fuit le piège de la rigidité tout en intégrant l’aseptisation visuelle d’une société dystopique. L’alchimie se produit, dès lors, indéniablement à l’écran dans des jeux de regards capables de réveiller un instinct profondément enfoui, dans un film-ballet de gestes où chacun renoue enfin avec sa part d’humanité.

La fiche

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EQUALS
Réalisé par Drake Doremus
Avec Kristen Stewart, Nicholas Hoult, Guy Pearce…
Etats-Unis – Science-fiction, Drame, Romance
Sortie en e-cinema : 20 Octobre 2016
Durée : 101 min




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Mr Vladdy
Invité
J’aurais bien voulu voir ce film en salles mais il ne sort qu’en e-cinema malheureusement. Pas fan du concept, je vais donc attendre un peu pour pouvoir le découvrir…