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ELEPHANT MAN

Londres, 1884. Le docteur Frederick Treves découvre un homme complètement défiguré et difforme, devenu une attraction de foire. John Merrick,  » le monstre « , doit son surnom de Elephant Man au terrible accident que subit sa mère. Alors enceinte de quelques mois, elle est renversée par un éléphant. Le Dr. Treves achète Merrick, l’arrachant ainsi à la violence de son propriétaire. Le chirurgien pense alors que  » le monstre  » est un idiot congénital. Il découvre rapidement en Merrick un homme meurtri et intelligent.

Sans défense.

« I am a human being, I am not an animal ! » C’est un cri déchirant qui heurte l’oreille et fend le cœur. Celui que lance John Merrick à ces regards qui l’accablent de leur curiosité malsaine et ne voient en lui qu’une bête de foire. Il est un être humain mais son visage et son corps difforme lui valent le surnom d’Elephant Man. Exhibé pour quelques piécettes aux badauds en mal de sensations, il est secouru par le Dr Treves. Le « monstre » se révèle être un monstre de finesse et d’intelligence.

Pour raconter cette histoire vraie, David Lynch réemploie le noir et blanc avec lequel il avait dessiné le cauchemar surréaliste d’Eraserhead, son film précédent et premier long-métrage. L’hommage au Freaks de Todd Browning est également évident. L’obscurité cafardeuse et la pureté immaculée. La noirceur du charbon, la blancheur de la fumée des locomotives. Nous sommes en pleine Révolution industrielle dans l’Angleterre victorienne. L’homme artisan du progrès technique est capable du pire.

Le miroir que tend Elephant Man est celui de notre propre monstruosité. Il rappelle cette banalité tarte à la crème voulant que « la beauté est intérieure ». Seule une comédienne parviendra à voir John sans préjugés. Ou presque. Le mélodrame peut alors s’achever dans un épilogue bouleversant où le monstre rejoint son lit comme un homme « normal » qu’il ne peut pas être. Qu’importe, on l’aura vu humain. Il peut s’en aller, il a regagné sa dignité.

La fiche

ELEPHANT MAN
Réalisé par David Lynch
Avec Anthony Hopkins, John Hurt…
Etats-Unis – Drame, biopic
Sortie : 9 octobre 1980
Durée : 125 min




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