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DON’T GROW UP | PIFFF 2015 (Compétition)

 Le Bleu du miroir investit cette semaine le Grand Rex à l’occasion de la cinquième édition du Paris International Fantastic Festival. Un rendez-vous qui reflète les différentes facettes de la production fantastique et horrifique actuelle. On vous donne rendez-vous quotidiennement pour le compte rendu de la journée écoulée et pour les fiches de visionnage des longs-métrages en compétition. 

« Don’t Grow Up », les ados à dos.

      • Le pitch : « Laissée à l’abandon par leurs surveillants qui ont mystérieusement disparus, une petite bande de délinquants juvéniles fait les 400 coups dans son centre de redressement. Mais cette drôle de situation va très vite révéler une menace inattendue : frappés par un mystérieux virus, les adultes sont enragés et attaquent tous ceux âgés de moins de 18 ans… »
      • Les points forts : Don’t Grow Up est une sorte de décalque en négatif des Révoltés de l’an 2000. Dans le film de Serrador, un couple débarquait sur une île où les enfants s’étaient mués en meurtriers d’adultes. Sur l’île du film de Thierry Poiraud, ce sont les moins de 18 ans qui sont la cible de leurs aînés. Le premier était d’un pessimisme absolu et travaillé par la question de son titre original Who Could Kill a Child? (Qui est capable de tuer un enfant?). Le second se pose quant à lui la même question que l’une des protagonistes « Qu’est-ce qu’être adulte ? » Elle se voit répondre que ce n’est pas une question d’âge mais d’expériences, essentiellement douloureuses. L’intitulé, Don’t Grow Up, « Ne grandis pas », apparaît donc à la fois comme une mise en garde et un souhait vain. Dans ce film de contamination, l’âge adulte est synonyme de violence et de mort, mais il faut bien évidemment chercher une lecture métaphorique (l’individualisme, le renoncement…). La violence âpre cohabite avec le mélodrame pour un mélange d’une beauté funeste.
      • Les points faibles : Les scènes d’exposition tirent un peu en longueur mais les scènes d’assaut nocturne, dans une supérette, puis dans une maison, redonnent de l’intensité à tout cela. Le film suit ensuite une voie plus contemplative pour laisser s’installer une certaine forme de romantisme. Ce n’est pas la partie la plus réussie.
      • L’accueil du public : Don’t Grow Up a été plutôt bien accueilli. La beauté de la photo et le travail sur le son ont été salués. Cependant, sa dimension contemplative a été diversement appréciée. Ceux qui ne se sont pas laissé bercer par les images attendaient davantage de plans nerveux.
      • Le vote du Bleu du miroir : 4/5. Même sans être fan du dernier tiers (le réalisateur lui-même reconnaît qu’il manque peut-être une scène pour améliorer la transition vers l’épilogue), ce film de genre made in France (bien que tourné en Espagne et en anglais) est à saluer. Il devrait sortir en salle au printemps et c’est mérité. Souhaitons-lui de trouver son public à la fois du côté des amateurs de fables horrifico-fantastiques que de celui des cinéphiles goûtant davantage aux drames contemplatifs.

 
La fiche technique : Don’t Grow Up – France – Espagne – 2015. Réalisé par Thierry Poiraud. Avec : Darren Evans, Fergus Riordan, McKell David… Durée : 81 minutes. Sortie en salle en France au printemps 2016.




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