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DESIERTO

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Tendu

Désert de Sonora, Sud de la Californie. Au cœur des étendues hostiles, emmené par un père de famille déterminé, un groupe de mexicains progresse vers la liberté. La chaleur, les serpents et l’immensité les épuisent et les accablent… Soudain des balles se mettent à siffler. On cherche à les abattre, un à un. 

Duel au soleil.

« Desierto est en quelque sorte la version terrestre de Gravity », dixit Jonás Cuarón. Un nombre de personnages restreint, un dispositif de huis-clos « à ciel ouvert » et la lutte pour la survie comme fil conducteur… Les points communs entre les deux films ne manquent pas. C’est d’ailleurs après avoir fait lire le scénario de Desierto à son père Alfonso que celui-ci lui a proposé de coécrire Gravity, avec le destin que l’on connaît (un carton planétaire auréolé d’une ribambelle de prix, dont sept Oscars). 

Cependant, il y a une différence de taille entre les deux oeuvres : le budget. Alors que le papa a bénéficié de 100 millions de dollars pour réaliser son grand spectacle spatial, le fiston a dû boucler son thriller sous le cagnard californien avec une enveloppe de « seulement » 3 millions de dollars. Un écart énorme, mais cohérent au regard de la nature des deux projets : Gravity avait besoin de dépenser sans compter pour proposer une expérience immersive sidérante, Desierto, lui, impose son humilité et sa sobriété.

Jonás Cuarón part d’un canevas scénaristique des plus simples – un jeu, létal, du chat et de la souris – pour livrer un survival minimaliste. L’intrigue est taillée jusqu’à l’os et la caractérisation des personnages réduite au minimum. Desierto y gagne peut-être en termes de rythme et de tension, mais c’est aussi là qu’il trouve sa limite. Si l’exercice de style est assurément réussi, la dimension politique est à peine effleurée. Dommage car, à l’heure où Donald Trump parle d’ériger un mur entre le Mexique et les Etats-Unis pour empêcher l’immigration illégale, il aurait pu faire écho de manière plus percutante avec l’actualité. On peut aussi regretter une gestion un brin timide du climax qui aurait gagné à verser davantage dans la radicalité. Résultat : l’atmosphère oppressante qui avait été soigneusement bâtie retombe un peu comme un soufflé lors d’un épilogue bien plus convenu que ce qui a précédé. 

La fiche

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DESIERTO
Réalisé par Jonás Cuarón
Avec Gael Garcia Bernal, Jeffrey Dean Morgan, Alondra Hidalgo…
Mexique – France – Thriller
Sortie : 13 Avril 2016
Durée : 94 min




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Bruno31100selenieEstelle Auteurs de commentaires récents
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Estelle
Invité
Des films plus politiques, nous en avons eu déjà pas mal l’an passé et cette année. Avec les élections américaines et la montée des extrêmes, on va en avoir d’autres! Je ne pense pas que cette dimension soit l’objectif majeur dans Desierto. C’est une expérience à vivre plutôt qu’une parole engagée. Je pense ! Même si c’est un aspect qui ne doit pas être négligé, évidemment !
selenie
Invité
Bien fait mais trop classique
Bruno31100
Invité
Bruno31100
du déjà vu, que ce soit No Country for Old Men ou 3 enterrements… un peu décevant