LES BÊTES DU SUD SAUVAGE, ANNA KARENINE, MAIS QUI A RE-TUE PAMELA ROSE ?

BENH ZEITLIN | USA | 92 MIN | 12 DÉCEMBRE 2012 | QUVENZHANE WALLIS, DWIGHT HENRY

Hushpuppy, 6 ans, vit dans le bayou avec son père. Brusquement, la nature s’emballe, la température monte, les glaciers fondent, libérant une armée d’aurochs. Avec la montée des eaux, l’irruption des aurochs et la santé de son père qui décline, Hushpuppy décide de partir à la recherche de sa mère disparue.

Reparti de Cannes avec la Caméra d’Or et de Deauville avec le grand prix, Les bêtes du sud sauvage semble faire partout l’unanimité. Il faut dire que le premier film de Benh Zeitlin a de nombreuses qualités et respirent la vie et le cinéma. Toutefois, j’avoue que mon engouement n’a pas été aussi fort que je ne l’imaginais. La caméra à l’épaule donne parfois le tournis, bien qu’elle permette aussi d’être au coeur du film et de suivre cette histoire du point de vue de notre jeune héroïne Husspuppy. Puisque l’on parle de la jeune fille, saluons l’incroyable prestation de la jeune Quvenzhané Wallis, éblouissante du haut de ses neuf ans – à l’époque du tournage. Depuis, elle a bien grandi et devrait probablement bénéficié d’une nomination aux prochains Oscars. De quoi saluer un début de carrière très prometteur. Que dire du jeune cinéaste qui a conquis de nombreuses critiques à travers le monde et est reparti avec multiples récompenses des festivals où il a concouru ? Car son premier long-métrage a les qualités et la force de la jeunesse. Les bêtes du sud sauvage est viscéral, fort, poétique. Il est par contre parfois un peu surchargé. Il manque donc un peu d’enchantement à cette fable terrestre et aquatique porté par un petit bout de fille qui crève l’écran. 

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JOE WRIGHT | UK | 131 MIN | 5 DECEMBRE 2012 | KEIRA KNIGHTLEY, JUDE LAW, ALICIA VIKANDER

Russie, 1874, la belle et ardente Anna Karénine jouit de tout ce à quoi ses contemporains aspirent : mariée à Karénine, un haut fonctionnaire du gouvernement à qui elle a donné un fils, elle a atteint un éminent statut social à Saint-Pétersbourg. À la réception d’une lettre de son incorrigible séducteur de frère Oblonski, la suppliant de venir l’aider à sauver son mariage avec Dolly, elle se rend à Moscou. Au cours de son voyage, elle rencontre la comtesse Vronski que son fils, un charmant officier de la cavalerie, vient accueillir à la gare. 

Joe Wright nous avait ébloui avec ses précédents longs-métrages (Reviens-moi, Orgueil et préjugés) très soignés. Il mélangeait avec un certain savoir-faire classicisme et modernité. Son dernier métrage, beaucoup plus ambitieux, n’est pas à la hauteur la faute à une prétention qui suinte de chaque plan et à une Keira Knightley plus laide et plus insupportable que jamais – alors qu’on pensait qu’on avait atteint l’apogée avec Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare.

Pénible. Voilà le terme qui résume le mieux le sentiment que l’on ressent lors du visionnage. Personnage principal détestable, actrice terriblement irritante, mise en scène affreusement maniérée et pompeuse, avec ses moments chorégraphiés ridicules, musique grandiloquantes, plans certes superbes mais tellement artificiels, rien ne fonctionne dans cette adaptation de Tolstoi qui ressemble tant à un grossier pêché d’orgueil. Seule Alicia Vikander, déjà sublime dans Royal Affair, s’en sort avec les honneurs – elle est le petit rayon de soleil du film. Joe Wright s’est pris pour Baz Luhrmann… mais surtout Joe Wright s’est pris… les pieds dans le tapis. 

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KAD & OLIVIER | FRANCE | 90 MIN | 5 DÉCEMBRE 2012 | OLIVIER BAROUX, KAD MERAD, OMAR SY

Quand il reçoit un appel du shérif de Bornsville lui annonçant que le cercueil de Pamela Rose a été volé, l’agent Douglas Riper voit là une occasion de renouer les liens avec son ancien coéquipier Richard Bullit. Un ex-ami avec lequel il est brouillé, depuis des années, suite à une fâcheuse histoire de femme et de Fuego. Les deux anciennes gloires du FBI, devenus des purs has been, se retrouvent donc pour enquêter sur cette profanation, sans savoir qu’ils sont en réalité attirés dans un piège par un homme qui leur en veut beaucoup. Sans se douter non plus qu’ils seront bientôt les seuls à être au courant que la présidente des Etats-Unis of America est sur le point d’être assassinée. Rien que ça…

Cette suite prétexte à une heure trente d’humour absurde est signé Kad et Olivier. Le premier a, depuis son très beau rôle dans Je vais bien ne t’en fais pas, accumulé les rôles dans les daubes françaises en toute impunité. Le second, plus discret, s’est baladé à gauche et à droite. Le tandem se reforme pour redonner vie aux agents Riper et Bullit. Le scénario ne tient sur absolument rien mais quelques gags font mouche. L’humour de répétition, les clins d’oeil et les nombreux jeux de mots, voilà l’atout de cette comédie pas inoubliable mais déjà plus acceptable que le terrible Les seigneurs d’Olivier Dahan. 

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neil
Invité
Je sais pas ce qui a pris tout le monde avec Les bêtes du sud sauvage. Le film est pas mal mais pas de quoi en faire un fromage.
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[…] MAIS QUI A RE-TUE PAMELA ROSE, de Kad et Olivier […]
Flow
Invité
Tout pareil que toi pour Les Bêtes du sud sauvage. Je n’ai pas été aussi emballé que je ne l’aurais cru.
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[…] LES BÊTES DU SUD SAUVAGE, de Benh Zeitlin […]
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[…] Chaque année, le Festival du Cinéma Américain de Deauville met en lumière de nouveaux talents du cinéma indépendant américain. Depuis presque vingt ans, il récompense même d’un Grand Prix l’oeuvre la plus marquante de la compétition. Nombreuses sont les oeuvres honorées à Deauville qui se sont avérées être des films marquants l’année de leur sortie. Certains citerons Collision ou Little Miss Sunshine, nous penserons plutôt à évoquer les coups de coeur que furent The Visitor, The Dead Girl, Take Shelter ou Les bêtes du sud sauvage.  […]