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THE OTHER SIDE

Shirin, débutante dans son rôle de belle-mère, emménage dans une maison jumelée à une autre avec son partenaire Fredrik et son fils Lucas. Ce nouveau foyer lui semble être l’endroit idéal pour fonder une famille. Mais lorsque Fredrik part en déplacement professionnel, Shirin entend des bruits étranges émanant de l’autre moitié du pavillon, alors que Lucas se fait un nouvel ami.

Critique du film

Réalisé par un duo de scénaristes et réalisateurs suédois, Tord Danielsson et Osker Mellander, dont c’est ici le premier long-métrage de cinéma, The other side s’inspire de faits réels. Il fait suite à de nombreux films pour la télévision et à une série d’horreur en 8 épisodes pour la chaine suédoise TV6, série qui avait scellé la rencontre des deux hommes en 2012. 

Dès le début, la voiture qui serpente parmi les arbres, filmée depuis un hélicoptère, provoque des réminiscences de Shining. Un couple avec un enfant – on comprend très vite que la femme n’est pas la mère du garçon, celle-ci étant décédée – part emménager dans une nouvelle demeure. Presque instantanément, l’enfant paraît adopter un comportement étrange. On se demande bien sûr si les perturbations que rencontre l’enfant ne sont pas le fruit de son imagination. Sa mère n’est plus là et la seconde épouse de son père reste seule avec lui.

Cette incursion du quotidien qui devient inquiétant, offrant souvent matière aux meilleurs films fantastiques, est parfaitement maîtrisée par les deux metteurs-en-scène. La tension que les événements ne vont pas tarder à installer entre les deux conjoints s’avère palpable et l’angoisse monte crescendo. A l’anxiété de la femme vient se greffer la colère de l’homme qui craint qu’on ne maltraite son fils.  

L’interprétation constitue un des atouts maîtres de ce film, avec au premier plan Dilan Gwyn en mère courage qui enquête sur un passé que tout le monde préfère oublier et qui fait face au surnaturel avec une détermination qui force l’admiration. On saluera également la bande originale de Jonas Wickstrand. Sa partition, oppressante dans les moments de tension ou mélancolique à la fin de l’histoire, contribue beaucoup à l’ambiance du film. 

Il est question d‘amour fou dans ce film, celui qu’une femme porte à l’enfant de son conjoint, qu’elle considère comme son propre fils et pour lequel elle est prête à affronter l’inconnu. Aux effets spéciaux horrifiques de certaines productions, The other side préfère faire la part belle à une bande-son inquiétante et à une mise en scène au cordeau. Cette simplicité et ce refus de la surenchère concourent à faire de cette histoire une plaisante réussite.

Bande-annonce

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