featured_The-guilty

THE GUILTY

Resserré

Une femme, victime d’un kidnapping, contacte les urgences de la police. La ligne est coupée brutalement. Pour la retrouver, le policier qui a reçu l’appel ne peut compter que sur son intuition, son imagination et son téléphone.

Phone game.

Premier long métrage du réalisateur danois Gustav Möller, tout juste âgé de 30 ans, The Guilty reprend la mécanique du thriller en huit clos angoissant, employée de multiples fois au cinéma, héritée du théâtre. L’action, simple, se veut efficace, en se concentrant autour des deux personnages principaux que sont Asger Holm (Jakob Cedergren), constamment visible à l’écran, et Iben (Jessica Dinnage), dont le spectateur n’entendra que la voix, durant une heure et quart. Asger travaille aux urgences de la police danoise, décroche le téléphone, tente d’aider au mieux les personnes qui se trouvent au bout du fil, en dépit de la routine des interventions qui s’installe, mécanique. Jusqu’au jour où un appel étrange survient, l’appel d’une femme en détresse, Iben, qu’il tentera de sauver coûte que coûte, à distance, recevant au passage les invectives de sa hiérarchie, exaspérée par ce qui semble être un excès de zèle.

Prix de la Critique au festival du film policier à Beaune en 2018, The Guilty est déjà remarquable de par sa durée. Peu de films contemporains acceptent de se rendre à l’évidence, en concentrant leur propos sur un temps qui leur permet de déployer efficacement une intrigue sommaire, au lieu d’étirer inutilement leur trame, en l’étendant vers de nombreuses ramifications, dont l’inutilité ne peut échapper au spectateur. The Guilty évite cet écueil, de vouloir en faire des tonnes, alors qu’il part de peu. Récupérant le genre du thriller téléphonique, devenu par la force des choses assez banal, notamment avec des films aussi connus que Phone Game, Möller délivre un projet dont la promesse d’adrénaline croissante est respectée, sans être pour autant vraiment original. Etait-ce seulement possible ? A priori, difficilement. Lorsqu’on récupère des codes déjà bien installés, les options restantes, celles qui permettent de tirer son épingle du jeu, se réduisent à la portion congrue.

Cependant, il existe toujours des leviers à actionner, des manettes grâce auxquelles un film de genre peut surnager comme étant sinon révolutionnaire, au moins mémorable, dans l’esprit collectif. Et c’est là où le bât blesse, en surface, avec The Guilty. Si la construction du film, la photographie, le jeu des acteurs forment un ensemble de grande qualité, l’intrigue, quant à elle, possède l’incontournable twist que l’on retrouve incrusté très souvent dans les thrillers, et le ressenti à l’issu d’un film comme celui-ci dépendra bien souvent de la surprise créée par ce twist. C’est en quelque sorte l’unique cicatrice de The Guilty, l’arbre qui cache la forêt, parce qu’il est au premier plan de l’histoire ; le sursaut fictif n’en est pas un, car le film sème trop d’indices sur son passage, tel un Petit Poucet qui craindrait qu’on ne le retrouve pas. Ainsi, par simple cohérence, The Guilty ne peut durer trop longtemps, car une fois que la messe est dite, il ne reste plus qu’à trier les dernières affaires restantes, pour achever le tout. Heureusement, Möller nous aura fait passer un très bon moment, malgré tout.

La fiche
the guilty affiche

THE GUILTY
Réalisé par Gustav Möller
Avec Jakob Cedergren, Jessica Dinnage, Omar Shargawi.
Danemark- Thriller

Sortie : 18 juillet 2018
Durée : 85 min




Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de