featured_The-Terminator-1984

TERMINATOR

À Los Angeles en 1984, un Terminator, cyborg surgi du futur, a pour mission d’exécuter Sarah Connor, une jeune femme dont l’enfant à naître doit sauver l’humanité. Kyle Reese, un résistant humain, débarque lui aussi pour combattre le robot, et aider la jeune femme…

Cyborg m’était conté.

Commençons de suite par évacuer un malentendu qui n’a que trop duré : Terminator de James Cameron n’est pas un film de science-fiction. Non, il s’agit bel et bien d’une histoire d’amour. Certes, on y trouve un cyborg humanoïde quasiment indestructible venu du futur dont la mission est d’assassiner la mère du prochain leader de la résistance humaine ; mais le véritable cœur du film est ailleurs. Son atout principal, qui en fait le chef-d’œuvre incontesté et incontestable qu’il est aujourd’hui, c’est l’histoire d’amour entre Sarah Connor (Linda Hamilton, fragile et forte à la fois) et Kyle Reese (bloc de charisme qui n’aura pas eu la carrière qu’il méritait).

Second film de Cameron, après l’expérience douloureuse qu’avait été pour lui le tournage de Piranha 2 (viré de la post-production du film, avec interdiction par le producteur himself d’accéder à la salle de montage), Terminator est en fait né d’un rêve. Celui d’un Cameron alors en état fiévreux, à qui l’image d’un robot sortant des flammes était apparue dans son esprit malade. Une image iconique et obsessionnelle que l’on retrouvera dans le film, amenant à cette conclusion cathartique qui fait sortir Terminator du tout-venant ; cette fuite en avant permanente menée par un couple à bout de souffle, traqué comme des bêtes mais prêt à tout pour survivre. Et s’aimer malgré tout.

Cet état d’urgence irrigue l’intégralité du film, qui donc en plus d’être un déchirant cri d’amour à travers le temps – Kyle ayant décidé de se sacrifier en voyageant dans le temps après être tombé amoureux d’une simple photo de Sarah – est un monument d’action d’une sècheresse et d’une concision inouïes, traversé par l’une des créatures les plus célèbres et effrayantes que le cinéma compte dans son histoire (interprétée par un Schwarzenegger alors au sommet de sa musculature), et scandé par le score métallique et envoûtant de Brad Fiedel.

La sècheresse du film est en partie due à son budget extrêmement serré, estimé à 6 millions de dollars (c’est-à-dire quasiment rien). Pourtant, Cameron a vu dans cette restriction l’un de ces challenges supposément insurmontables qui ont jalonné l’ensemble de sa carrière : avec un peu d’huile de coude et d’inventivité, et surtout beaucoup de génie – un grand merci au passage à Stan Winston – le cinéaste canadien nous offre des séquences dignes de blockbusters dotés de budgets dix fois plus importants.

À ce titre, le triple (triple !?) climax final est un modèle en soi : une course-poursuite effrénée, suivie d’une énorme explosion d’un camion-citerne (en fait une maquette quasiment indécelable à l’œil nu) bourré d’essence, et enfin un mano à mano face à un squelette robotique réalisé en stop-motion. On tient là d’une des demi-heures les plus époustouflantes de l’histoire du cinéma d’action, ni plus ni moins. Ce genre de moment qui laisse ses spectateurs les jambes chancelantes et le cœur pantelant.

Sept ans plus tard, Cameron tentera de retrouver la formule de ce succès avec une suite « bigger », « louder » mais pas forcément « better ». Car ce que la suite a gagné en moyens, elle l’a perdu en émotions, là où son prédécesseur représente une sorte d’idéal de cinéma, l’alchimie idéale entre le divertissement indéniablement efficace (107 minutes parfaitement rythmées) et la romance forte (ce que Cameron parviendra à retrouver treize ans plus tard, mais ceci est une autre histoire). On peut le reconnaître non sans amertume : on n’en fait vraiment plus beaucoup, des films comme ça.




Il n'y a aucun commentaire

Ajoutez le vôtre